*VUCA sur Google : 4 750 000 résultats de recherche (0,44 sec.)

Avertissement au lecteur 

Alors justement pour changer, il n’y en aura aucun pour ce billet dont l’objet n’est pas de contribuer à la prolifération de règles, interdictions et injonctions en tous genres qui fleurissent en ce moment à la vitesse inversement proportionnelle au carré de l’hypoténuse... Bon en même temps, s’il y en a qui décrochent déjà, je ne peux rien faire pour vous… VUCA rien à voir et VUCA rien à dire ; profitez donc du temps économisé à lire ce qui suit pour vous faire une crêpe au chocolat, une bonne séance de sudation sous la yourte au fond du jardin de notre ami Francis ou encore lancez-vous et faites vos pieuvres dans le Jeu du Calamar* ! A la fin : il n’en restera qu’un ! Et oui mes amis, nous en sommes là et à ce rythme, il faudra peu de temps avant que l’on se rappelle avec nostalgie la magie et les espoirs qu’avaient fait naître la perspective d’un monde post Covid 19…

On croyait que l’on aurait enfin « droit au dessert » mais c’était sans compter l’inaltérable et incommensurable tendance à la déconnade  de notre espèce toujours à l’affût (encore faut-il savoir faire la différence entre bons et mauvais chasseurs), de la dernière bonne idée pour scier la branche qui nous sert de canapé, spectateur mi amusé, mi angoissé de l’exponentielle accélération du bordel ambiant (cf.Théorie du Bordel Ambiant). L’heure est à l’affirmation et à l’opposition des contraires et cela dans tous les domaines. Même nos amis Paul et Mick s’étaient repris le bec sur le fait de savoir qui étaient des Beatles ou des Stones le plus grand groupe de tous les temps ? Si Paul avait déclaré que les Stones n’étaient qu’un (vulgaire ?) groupe de reprise de blues ; Mick n’avait pas tardé à répliquer puissance 10 lors d’un concert à LA !  

J’en vois d’ici certains qui ont un fort besoin de structure et de logique (et c’est légitime) qui se demandent où tout cela nous emmène… Pour être honnête, je n’en ai aucune idée mais comme on dit chez les Coaches Appréciatifs : Trust the Process ! Soit une façon de dire « Laisse Madeleine ! », fais confiance à KAÂ, on finira bien par arriver quelque part…

*Super série sur Netflix de nos amis coréens qui nous promet un monde fraternel où l’empathie et la bonne humeur prédominent au service du plein épanouissement de communautés plus humaines (voir trailer super good vibes, savent décidément s'amuser là-bas).

 

VUCA Limero… Il cherchait sa coquille !

 

Cpasjuste

 

En ce qui nous concerne, et comme bon nombre de nos contemporains, nous tentions contre vents et marées (Hissez Haut Santiano !) de cultiver notre santé mentale qui, selon l’OMS, consistait à la « recherche permanent d’un équilibre entre toute les dimensions de notre vie : psychique, physique, sociale, économique, etc… ». Juste de retour d’une période en Plate Agonie chez notre bon ami Flo Rendpas-Nie, nous avions une nouvelle fois décidé de cultiver une Psychologie Positive en nous concentrant sur quelques bonnes nouvelles comme autant de lucioles dans la nuit noire annoncée par les prophètes de malheur(s)…

  • N’en déplaise aux quelques millions (ah oui quand même !?) de contempteurs platistes du géoterrapinism; il venait d’être prouvé scientifiquement que la terre n’était pas un disque porté sur le dos d’une tortue géante comme en attestait cet article du très sérieux National Geographic 
  • On pourrait donc gagner décemment sa vie (11400€/mois plus voiture de fonction) en conciliant un engagement dans l’associatif au service des migrants et… un cynisme le plus total ! Le tout est c’est un comble dans… Valeurs Actuelles !? 
  • Les vaches heureuses produisent du meilleur lait ! Selon une étude du Dr Laura Hernandez (University of Wisconsin), un petit shoot de sérotonine (sont forts ces américains) permettrait aux vaches de produire du lait plus riche en calcium

Ainsi donc, tout n’était pas perdu si nous apprenions à faire preuve de discernement, soit selon notre amie La Rousse à employer notre « capacité à apprécier avec justesse et clairvoyance une situation, des faits. » Mais ce qu’elle nous disait aussi, c’est que cette « faculté consiste à reconnaître distinctement en faisant un effort des sens des sens (vueouïe, etc.) ou de l'esprit, ou de tous ces éléments conjugués Ici, la notion d’effort retient notre attention car elle sous-entend une forme de choix, donc de responsabilité, donc…le mot est lâché de : liberté !

Pas Anne Ôdin au moment où le Pass Sanitaire est au plaisir ce que le Pass Navigo est au transport (à méditer d’ailleurs : on peut aussi être « transporté de plaisir », ce qui « confine » à l’extase).

 

VUCA m’isole* et me rend fou !

*jeux de mots pour sains d'esprit

 

 

VUCA

 

 

Selon nos deux indicateurs de la PJ Bernie Rondelle et Bobby Gorneau, on ne comptait plus les individus que l’on retrouvait nus dans la rue, hagards et bêtés (oui bon çà va, c’est plus court…), vociférant à tout va « VUCA m’isole et me rend fou ! ». Ce nouveau syndrome de VUCALCIFICATION foudroyante touchait semblait-il toutes les couches sociales produisant une sorte de dédoublement de la personnalité. Si comme pour le Marsupilami, tout le monde ne s’accordait pas sur ses origines, le VUCA avait connu son heure de gloire en 2010 lors d’une conférence de presse au Pentagone du Général Stanley Mc Crystal alors en charge des forces de la coalition en Afghanistan. S’appuyant sur la représentation ci-dessus élaborée par ses équipes, il avait qualifié le théâtre d’opération d’environnement VUCA (Volatile, Uncertain, Complex, Ambiguous). Repris au départ par quelques « éclaireurs » avisés, cet acronyme est aujourd’hui utilisé à tout bout de champ pour expliquer à qui veut l’entendre que le monde n’est plus ce qu’il était et qu’en d’autres termes : il faut se bouger le c..  ! (plus percutant que « séant »), sous peine de sérieuses contrariétés comme au mieux, une conflagration (beaucoup plus fort que la simple déflagration) entre la Chine et les Etats Unis, au pire… la disparition de l’espèce ! Et si tout çà ne donne pas la patate ?!

Dans ce « droit fil » (à l’origine sûrement une expression anglaise reconnaissable à l’adjectif qui précède le nom), le VUCA est donc à tout consultant ou coach en organisation qui se respecte ce qu’est le 44 Magnum à l’inspecteur Harry, ce grand artisan d'une Communication Non Violente ; soit une injonction ou la confirmation qu’un nécessaire, voire sous forme d’euphémisme, qu’un urgent besoin de remise en question et de changement de comportements* est requis 🙂

*C’est d’ailleurs ce que certains de nos accompagnements récents nous confirment comme celui remporté de haute lutte face au Cabinet Mace & Doine... Un certain M.Z (nous sommes liés bien sûr à une clause de confidentialité), que nous accompagnâmes (et sachez-le, c’est beaucoup plus dur d’accompagnâmer que d’accompagner), récemment à prendre une posture Meta en l’aidant à recalculer les algorythmes (si c’est pas malheureux à ce stade !) sur lesquels il avait initialement fondé sa petite entreprise de mise en relations pré- pubères.

 

 

« VUCA plus rien à faire ! » ou « VUCA tout à faire ! », choisis ton camp camarade !

 

Moi je sais...

 

Et on y revient toujours…La sempiternelle histoire du verre à moitié vide ou du verre à moitié plein. Sachant que factuellement les deux affirmations sont justes, il revient bien à chacun de « choisir » ce qu’il (elle) décide de voir en premier. Or comme évoqué dans un précédent billet, les neurosciences nous disent aujourd’hui que contrairement à ce que l’on a tendance à penser : on ne croit pas ce que l’on voit mais on voit ce que l’on croit ! C’est ce qu’ont bien compris ces nouveaux démiurges que sont les architectes des réseaux sociaux, il suffit de nous « faire croire » pour nous amener à voir et influencer ainsi nos comportements qui, à leur tour renforcent nos croyances pour créer ce que nous appelons : La réalité ! C’est « cette réalité » que nous partageons de plus en plus grâce ÔRESÔSÔCIÔ avec, quelle surprise, des gens qui pensent comme nous et avec lesquels nous finissons par  produire les résultats auxquels nous croyons à force de prophéties autoréalisatrices.

Définit en 1948 par Robert King Merton dans son article The Self-Fulfilling Prophecy (The Antioch review) ; celles-ci agissent comme des prédictions qui modifient les comportements de telle sorte qu’elles font advenir ce qu’elles annoncent ! C’est ce qu’illustre ainsi Pierre Calame : « On peut soutenir que la thèse du clash des civilisations relève de ce que le sociologue américain Robert Merton nommait une self-fulfilling prophecy, ou prophétie autoréalisatrice : phénomène qui apparaît quand « une fausse définition d’une situation suscite un nouveau comportement qui fait passer pour vraie la fausse conception originale.»  (L’art de la paix : approche transdisciplinaire, 2004).

Le plus étonnant est que nous ne sommes pas les seuls à vivre ce genre d’expériences comme en atteste cette histoire de grenouilles dont l’une vit au bord de l’océan et l’autre dans un puit. La première visitant un jour son amie et découvrant le puit où elle vit, lui dit qu’elle habite dans un espace beaucoup plus grand.

- Mais plus grand comment ? demande la grenouille du puit… Une fois, deux fois, trois fois plus grand ?

- Ah non mais beaucoup, beaucoup plus grand ! répond la grenouille de l’océan. Tu devrais venir voir par toi même…

Curieuse et un peu méfiante de la tendance de son amie à exagérer, le grenouille du puit décide d’entreprendre le voyage pour vérifier les dires de son amie Thomane…C’est après un long périple et au moment où elles arrivent au sommet de la dune que la grenouille du puit a sa tête qui explose !!!

A l’ère du VUCA Coaching

 

Après avoir vu tant de gens VUCAlcifiés, voire même pour certains, VUCAlcinés…Notre fibre de Coach Positif nous invita (et n’est pas invité par sa fibre qui veut), à développer une compréhension psychologique plus poussée de ce qui se cachait derrière ces quatre lettres terribles pour mieux répondre à l’urgence d’apporter des réponses aux victimes de ce nouveau (est-ce bien nouveau d’ailleurs ?) fléau.

Retourné à l'école à 51 ans pour un Master of Science in Applied Positive Psychology , nous avions découverte qu'une démarche de recherche invitait à se poser d’abord quelques questions pour orienter celle-ci : A quand remontait le phénomène ? Quel en était l’impact et de quels besoins psychologiques était-il l’expression au niveau individuel ? Comment pouvait-on y répondre ? Frappait-il de la même façon les organisations et les institutions ?

 

 

A l’ouest rien de nouveau…ou le VUCA à travers les âges !

 

A l’ère où tout est markété, l’individu « brandé » en fonction de sa génération XYZ, sa race, son genre, il est bien sûr de bon ton d’en faire des tonnes pour un acronyme aux faux airs de dragées coluchéenne... A y regarder de plus près, on peut tout de même se demander si tout cela n’est pas vieux comme mes robes (toujours bon de réciter ses classiques). Alors, quelques exemples choisis de VUCA historiques :

  • quid du péquin moyen de la Renaissance qui découvre tout d’un coup avec Magellan que la terre est ronde et avec Copernic que c’est elle qui tourne autour du soleil (non mais tout fout le camp !) ?
  • quid de Helmutt Tardelpick qui habite Bernauer Strasse en RDA en Août 61 et qui voit le Mur de Berlin s’écrouler le 9 Novembre 89 pour vivre la « réunification » allemande (Cpavicaçà ?) ?
  • quid du tunisien Ben Ali dégustant un couscous et découvrant les joies d’un « Printemps Arabe » qui déclenchera en cascade dans de nombreux pays ce que certains appelle une révolution 2.0 ?
  • quid de ces pauvres malheureux de Tchernobyl ou Fukushima qui pensaient vivre un jour comme les autres avant de basculer dans le Méga VUCA ?

 

Alors peut-être devrait-on humblement reconnaître que le VUCA en question est simplement une constante du vivant par-delà le temps et l’espace (selon nos infos, semble pas que cela soit très calme non plus d’un point de vue galactique !). Bienvenu dans le paradigme cher à Nassim Taleb de l'Extrêmistan, celui ou règne le spectre de " l’inconnu-inconnu"  (Black Swan, 2007).

En tous cas, dans notre pratique de coach et de consultant, le sentiment qui prédominait tant sur le plan individuel que collectif, tant sur le plan personnel que professionnel, était bel et bien celui de CONFUSION ! (synonymes : anarchie , chaos, désordre, fatras, fouillis).

 

Il devenait urgent de craquer le code VUCA…

 

 

Volatile

Baaooummm

En quelques mots…

Au risque de perdre nos amis lecteurs férus d’ornithologie, « volatile » fait référence ici à la propriété d’un système, soit la propension d’une de ses variables à s’écarter de sa valeur moyenne au cours d’une période donnée. Pour faire simple, tout peut changer du tout au tout très (très) vite ! Une expérience de boursicotage amateur en donne en accéléré une assez bonne illustration, rien à voir bien sûr avec le niveau professionnel où l’on perd 400 millions à la vitesse de la lumière

L’impact sur la personne 

Un état de « qui vive » permanent est une source majeure de stress, soit selon le psychologue Bruno Fortin « une perturbation de l’équilibre, une interruption de l’enchaînement régulier des habitudes, qui forcent l’individu à tenter de retrouver son équilibre antérieur ou d’en atteindre un nouveau.   Sur le plan biologique, le stress s’accompagne de la production de son hormone de prédilection : le cortisol. Un taux de cortisol élevé va aussi agir sur :

  • la vitalité
  • la bonne régulation de la glycémie
  • le fonctionnement des rythmes biologiques et notamment la qualité du sommeil et la prise de poids

 

Un besoin psychologique à satisfaire : la sécurité affective

Besoin vital pour l’être humain tout au long de son existence, son origine remonte à l’enfance et à la perception de la stabilité de l’environnement ressentie dans la relation à nos parents. Cette « dépendance de l’extérieur » est au cœur de la théorie de l’attachement proposée par Mary Ainsworth selon laquelle un(e) adulte faisant l’expérience d’un attachement sécure :

  • fait confiance à son (ses) partenaire(s)
  • peut se montrer tels qu’il(elle) est
  • pense que la relation peut durer
  • est à l’aise avec le fait d’exprimer ses émotions et ses sentiments
  • est en capacité de reconnaître et d’exprimer ce qui ne va pas, d’accepter les conflits et d’imaginer des solutions pour sortir d’une situation difficile

Pour John Bowlby, « L’attachement est un instinct conduisant tout au long de la vie à avoir besoin d’être écouté, entendu, compris et soutenu par une ou plusieurs personnes considérées comme proches. » Les études en la matière, notamment sur la croissance post traumatique nous apprennent que l’on peut développer notre sentiment de sécurité intérieure et notre capacité à « compter sur nous même ».

 

 Les suggestions du Coach Positif

           > Identifier ses Forces de Caractères et les mobiliser consciemment

           > Cultiver l’Espoir, c’est à dire la capacité à se fixer des buts, à définir le chemin pour les atteindre et à cultiver la flexibilité pour en changer si nécessaire

           > Apprendre à « se poser » et « se rassurer » à travers la méditation ou tout autre activité qui redonne accès à ce qui reste stable en nous quelle que soit l’agitation extérieure

 

Incertain

« L’incertitude est de tous les tourments le plus difficile à supporter. » (Alfred de Musset, La Confession d’un enfant du siècle)

 

Incertain

En quelques mots…

A la différence de la volatilité, l’incertitude n’est pas une propriété intrinsèque du système mais correspond à la perception de l’acteur d’une situation à un moment donné. C’est l’absence d’information objective sur un environnement spécifique qui a pour conséquence une indétermination fondamentale du futur (Moisset et Couture, 2001). L’incertitude est le domaine de l’inédit ! Elle met à l’épreuve notre besoin viscéral d’anticiper et de contrôler ce qui pourrait nous menacer tant sur le plan psychique que physique. Nous ne sommes pas égaux face à l’incertitude, certains la tolère mieux que d’autres, mais dans tous les cas la souffrance qu’elle suscite nous invite à « agir » d’une manière ou d’une autre pour la réduire à un niveau acceptable.

L’impact sur la personne

L’incertitude nous amène à sortir de notre « zone de confort » et à rompre la sécurité de l’habitude. Elle nourrit ainsi la peur de l’inconnu, la sensation de désordre, voire de chaos semant le doute et l’anxiété. Face à une incertitude trop forte, nous ne sommes plus capables de prendre la « bonne décision »… Pour simplifier le tout, comme cette incertitude est partagée par tous, elle finit par infecter tous les nœuds des systèmes dans lesquels décider revient à jongler avec des grenades dégoupillées.  Confronté à une situation dans laquelle l’incertitude prédomine, l’homme avec son cerveau reptilien ne dispose selon le neurobiologiste Henri Laborit (Eloge de la fuite,1976) que de trois choix :

 

1.     Combattre et se rebeller

  • si c'est l'attitude la plus naturelle et la plus saine ; elle présente tout de même le risque de rentrer dans une spirale infernale… Il y a toujours quelqu’un qui tire plus vite à l’ouest du Pecos !

2.     Ne rien faire et subir

  • c’est faire comme si de rien était : « même pas mal ! ». Cette "'inhibition de l'action" qui nous fait ravaler notre colère fait le lit des maladies psychosomatiques (ulcères, psoriasis, névralgies, rhumatismes...) et autres burn out… Ainsi, « Subir sans ne rien pouvoir faire est, pour H. Laborit, la pire des situations : c’est celle du rat qui reste en cage et doit subir les assauts du rat dominant, celle du prisonnier confiné dans sa cellule, celle de l’élève bouc émissaire qui subit en silence les vexations de petits caïds de l’école, celles du salarié qui se sent incompris et harcelé. La passivité face à l’épreuve est très coûteuse psychologiquement. L’inhibition de l’action (impossibilité de partir ou de combattre) produit des syndromes pathologiques de stress, perte de sommeil, idées obsessionnelles, dépression et troubles somatiques. » (Dortier,2010).

3.    Fuir et se protéger

  • cette stratégie est tentante mais si elle évite la douleur à court terme, elle génère d’autres maux à long terme. Qu’elle prenne la forme chimique (alcool, drogue, tabac, antidépresseurs, tranquillisants, somnifères...) ou celle du changement perpétuel (travail, lieu d’habitation, amis, amants…) ; la fuite qui dure ne « construit » pas ,mais elle sape au contraire la confiance et l’estime de soi.

 

Un Besoin Psychologique à satisfaire : Le Sentiment d’Efficacité Personnelle (SEP)

Développé par le psychologue Albert Bandura, ce concept (self-efficacy) fait référence aux croyances d'une personne sur sa capacité d'atteindre des buts ou de faire face à différentes situations. Il constitue un facteur essentiel  de la motivation à agir et de la persévérance à atteindre ses objectifs. De manière générale, une personne avec un fort sentiment d'efficacité sera plus à même de :

  • se fixer de meilleurs buts
  • faire plus d'efforts et persévérer davantage
  • mieux se remettre des échecs

Pour Jacques Lecomte, "Le sentiment d'efficacité personnelle d'un individu ne concerne pas le nombre d'aptitudes qu'il possède, mais ce qu'il croit pouvoir en faire dans des situations variées." (Les applications du Sentiment d'Efficacité Personnel, 2004). Ainsi les personnes qui ont un fort sentiment d'efficacité personnelle ont tendance à avoir une meilleure estime d'elles mêmes*, être plus optimiste, plus sociable et faire preuve de davantage de résilience face aux épreuves. A l'inverse, un faible sentiment d'efficacité sera souvent un prédicteur important d'anxiété et de dépression.

*Remarque : Le Sentiment d’Efficacité Personnel est différent de l’estime de soi. L’estime de soi est un jugement  sur sa propre valeur. Le SEP est la projection de notre capacité à atteindre notre objectif , à "réussir la tâche"... Autrement dit, c'est le jugement que l’on porte sur soi-même dirigé vers la réalisation d’une activité ou l'atteinte d'un but. Paradoxalement, il est donc possible d’avoir une faible estime de soi et un sentiment d’efficacité élevé dans certains domaines.

 

Les suggestions du Coach Positif

           > Se rappeler des réussites et des moments où l'on a surmonté des épreuves dans le passé

           > Se fixer des objectifs stimulants, se donner une discipline et cultiver des rituels pour les atteindre

           > S'entrainer à la visualisation positive

           > Développer son « capital social » : l’ensemble des ressources auxquelles on a accès à travers notre entourage, que cela repose sur des « liens forts »  (effet protecteur dans les situations de difficulté sociale), ou des « liens faibles » (sources de nouvelles opportunités)

 

Complexe

 

Spaghetti

En quelques mots…

Un système est dit complexe lorsque son comportement ne peut pas être décrit seulement à partir de la connaissance de ses composants et de leurs interactions. Selon Edgar Morin, si le  « compliqué » fait référence à ce qui est technique, ce qui requiert une expertise pour venir à bout d’une logique sous-jacente ou d’un plan pré établi ; le « complexe » est lié aux systèmes desquels l’action humaine intervient. Ainsi, un environnement complexe présente certaines caractéristiques :

- il est difficile d’identifier les causes d’un effet donné ou inversement d’identifier les effets d’une cause donnée

-plus généralement, il est difficile d’associer causes et effets

-on ne peut jamais reproduire deux fois les mêmes comportements

-il renvoie au nombre d’éléments du système et à leur propre variabilité, qui détermine l’état d’incertitude du système

 

L’impact sur la personne

La complexité peut nourrir la  sensation d’impuissance , d'être noyé devant ce qui apparaît comme un problème qui nous dépasse et sur lequel il semble qu'il n'y est "aucune prise": la logique ne marche pas/plus !  Ce sentiment de ne pas être à la hauteur peut susciter ainsi la méfiance, le découragement et le désengagement car on a le sentiment d’être « contrôlé de l’extérieur » et d’être inefficace. C’est aussi ce qui nourrit la frustration et la colère qui a besoin d’un exutoire pour s’exprimer et libérer son énergie : le système, le complot, le patron, l’ouvrier, le migrant… Enfin, tous ceux (et ils sont nombreux) qui « m’empêchent » d’être MÔ !

 

Le Besoin Psychologique à satisfaire : L’ Autodétermination

Pour faire face à ces sentiments de "perte de contrôle", d'impuissance et de dépendance; il est vital de retrouver de l'autonomie, soit la "faculté d'agir par soi-même en se donnant ses propres règles de conduite, sa propre loi. L'autonomie est synonyme de liberté, elle se caractérise par la capacité à choisir de son propre chef sans se laisser dominer par certaines tendances naturelles ou collectives, ni se laisser dominer de façon servile par une autorité extérieure". Les études en la matière nous apprennent que si l'autodétermination peut prendre des formes différentes (fig.ci-dessous) :

Celle-ci permet de :

- développer un sentiment de satisfaction personnelle (Bambara & Koger, 1996)

- d'améliorer la qualité de vie (par exemple, Lachappelle et al., 2005)

- favoriser la participation aux activités professionnelles et aux soins personnels (Bambara et al.,1995)

- diminuer des troubles du comportement (Keamey et al., 1998)

Si bien sûr la capacité cognitive d’un individu est indispensable pour comprendre ce qui est compliqué, naviguer en environnement complexe fait davantage appel à notre capacité à satisfaire trois besoins psychologiques fondamentaux :

  • Besoin de compétence : se sentir efficace dans les interactions que l’on a avec les autres, exprimer ses capacités (Deci,1975; Harter, 1983; White, 1959)
  • Besoin d’autonomie : se sentir être l’origine ou la source de ses propres comportements (deCharms, 1968; Deci & Ryan, 1985; Ryan & Connell, 1989)
  • Besoin d’affiliation : se sentir connecté aux autres, avoir un sentiment d’appartenance avec d’autres individus (Baumeister & Leary, 1995; Bowby, 1979; Ryan,1995)

En renforçant la motivation, la vitalité, la créativité et plus largement la sensation de liberté; le sentiment d’autodétermination favorise l’envie, l’engagement, la capacité d’agir et la persévérance pour de meilleures performances.

 

Les suggestions du Coach Positif

> cultiver un esprit curieux et  entraîner notre capacité d' "apprendre à apprendre" tant sur le plan individuel que collectif...En Psychologie Positive, on parle ici d'Etat d'esprit de Développement (Growth Mindset)

> développer notre empathie pour remettre en question les modèles mentaux qui conditionnent à notre insu la représentation que nous nous faisons de la réalité

> s'ouvrir aux bénéfices de l'intelligence Collective pour inventer les nouvelles réponses aux nouvelles questions qu'engendrent la complexité

> s'entraîner à trouver le juste équilibre entre pensée critique pour nourrir le besoin d'autonomie et intelligence sociale pour satisfaire le besoin d'appartenance

 

 

Ambigu

 

Ambigu

L’ambiguïté s’apparente à la difficulté d’interprétation pour l'être humain d’une situation donné car plusieurs sont possibles. A la différence de l'incertitude qui concerne ce qui n’est pas clairement ou précisément déterminé; c’est-à-dire ce qui n’est pas certain de se produire, l'ambiguïté concerne les choses qui peuvent avoir plusieurs significations. En outre, si l'incertitude (linéaire) peut diminuer au fur et à mesure que les données sont accumulées; l'ambiguïté croît avec la complexité (cyclique). Ainsi, plus il y a d'interactions possibles, plus les choix deviennent compliqués parce que toujours plus dépendants de l'interprétation qui est faite de l'information disponible. Comme le souligne Benjamin Chaminade dans son remarquable article sur l'ambiguïté : "Avec l’incertitude, nous savons qu’un événement a « des chances » de subvenir. Avec l’ambiguïté par contre, cet événement a 100 % de chance d’arriver ET son contraire aussi. Nous sommes dans « peut-être bien que oui » ET « peut-être bien que non » ET « je ne suis pas sûr. » Une situation peut donc être incertaine mais pas ambiguë. La COVID-19, par exemple, est incertaine ET ambiguë, car vous pouvez en mourir ou ne pas en ressentir les effets. Après le référendum, le Brexit a été incertain pendant longtemps, mais pas ambiguë, car il s’agissait de savoir quand il allait subvenir et pas s’il allait subvenir."    

L’impact sur la personne

C’est notre capacité à interpréter, c’est à dire à « donner du sens » à l’information, qui conditionne chez l’être humain la décision et le passage à l’action. Cette capacité à « décrypter les signes » est fortement influencée par notre identité et nos modèles mentaux : nous interprétons en fonction de ce que nous sommes et ce qui présente de l’ambiguïté pour l’un, sera limpide comme de l’eau de roche pour un autre. Dans un monde où il n'y a plus de certitude, le "cela devrait marcher comme çà parce que cela a toujours marché comme çà" ne fonctionne plus. Ce qui répondait jusqu'à lors à une forme de logique et de rationnel laisse la place à l'interprétation et à l'adaptation perpétuelle aux circonstances. Ainsi, il faut passer à l'action sans être certain que le résultat sera au rendez-vous, en tous cas le résultat "attendu" !

Un Besoin Psychologique à satisfaire : Trouver (donner) du Sens

Plus l'environnement est confus, plus notre besoin de sens est stimulé. Que cela soit le sens des actes que nous posons, des engagements que nous prenons ou plus généralement celui notre raison d'être en ce monde, notre besoin de "trouver une cohérence" aux évènements, aux signes, aux rencontres et aux résultats de nos actions est un des fondements de notre santé mentale. Sans sens, pas d'intérêt, de curiosité, de motivation à agir...pas de moyen d'orienter nos choix vers un but satisfaisant, aucun bénéfice envisagé à réguler nos actions en conscience. S' il n'y a plus de sens, c'est qu'il n'y a plus d'autres options que celle de la révolte, d'une forme ou d'une autre auto destruction ou encore de la tyrannie mortifère du "je dois", "il faut" , et cela quel qu'en soit le prix à payer.

Le suggestions du Coach Positif

      > identifier les valeurs qui vous sont chères et utiliser les comme boussoles pour orienter vos choix et vos actions quel que soit le chaos ambiant

      > cultiver la confiance intérieure en acceptant le paradoxe de ne pas savoir (le "plus je sais moins je sais" de Gabin) et en développant l'humilité devant le mystère qu'est la vie

      > reconnecter avec les émotions et les ressentis trop souvent refoulés derrière le paravent des discours intérieurs

      > apprendre à accueillir l"inconnu et l'imprévu non comme une menace amis comme l'opportunité de grandir et la confirmation d'être "vivant"

> (re) découvrir les vertus et la simplicité de l'authenticité

 

Et oui Jammy, mais l'organisation aussi peut attraper le VUCA?

Comme dans tout organisme vivant, la VUCAlcification des cellules humaines qui constituent l'organisation influence l'état d'esprit qui prédomine aux échanges à la machine à café et l'énergie disponible pour travailler en Intelligence Collective, seule véritable source de résilience et d'innovation durables. En outre, l'organisation est bien sûr également impactée  la situation de l'ecosystème dans lequel elle opère. En tant que Consultant Appréciatif, force est de constater que dans un environnement toujours plus VUCA, la prédisposition et la tendance d'encore trop de Directions Générales et de managers consiste malheureusement à favoriser la "sacro sainte expertise" et le contrôle (règles, process, protocole, délégation à la machine…). Là où il faudrait de la souplesse, on renforce la rigidité; là où il faudrait de l'initiative sur le terrain, on renforce les validations de ceux qui flottent en apesanteur dans les étages dont l'épaisseur de la moquette est inversement proportionnelle à la compréhension du réel (oui un peu comme le carré de l'hypoténuse).

Pas étonnant alors que chacun(e) se retranche de plus en plus derrière le  "Je voyais bien qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas mais moi j’ai respecté la règle, j’ai fait ce que l’on me demandait..." Avec la grande escroquerie de l'Expérience Client, plus on en parle moins, on la vit (y a-t-il encore des humains sur la planète pour répondre au téléphone lorsqu'on rencontre un problème ?), l'Ethique (un amis sociologue me disait toujours: on écrit une charte éthique le jour où il n'y en a plus); l'engagement est Le Sujet du moment. Cela donne des lieu à des idées totalement révolutionnaires comme  "(re)créer de la confiance" par exemple, ou encore "encourager la prise d'initiative" accompagnée de son corollaire "accepter le droit à l'erreur". Alors, au risque de choquer les lecteurs transhumanistes (pas sûr qu'ils aient poussé jusque là:)), tant que l'on reste de vulgaires êtres humains, nous sommes comme les organisations des systèmes complexes, sources d'incertitude.

 

Le paradoxe est que moins on exerce la capacité à vivre dans l’incertitude et moins on est dans une logique d’engagement individuel et à fortiori collectif. Chacun(e) reste dans son domaine de prérogative, on ne « s’engage » pas à aller au delà de ce que prévoyait le cadre, comme si le cadre pouvait répondre à toute la complexité de la vie...

Au plaisir de vous lire...

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claude CHRETIEN
claude CHRETIEN

Merci Eric pour ce nouveau texte, pour ton humour qui m’a fait rire( tout seul avec mon téléphone). Ma voisine de TGV (inconnue) l’a remarqué et je n’ose plus croiser son regard VUCALNAPADU comprendre.