Et si plus d’immunité passait par plus d’humanité ? Ou comment favoriser notre Croissance Post Traumatique ? Les (premières) leçons d’un confinement apprenant…

Publié le 5 mai 2020

Par Eric Mellet

Catégories : Non classé

 

Avertissement au lecteur (surtout s’il lit ce blog pour la première fois)

Il est encore temps de zapper ce billet pour au moins trois bonnes raisons : consacrer son temps à autre chose de plus important, trouver une solution qui règle à court terme la crise du Covid-19 (et celles qui vont suivre), trouver de nouvelles raisons pour entretenir son sentiment d’anxiété (bien légitime au demeurant) si tel est déjà le cas... En effet, il est ici plus que jamais question de ce que la recherche en Psychologie Positive, notamment sur le champ d’étude de la Croissance Post Traumatique, peut nous dire et nous apprendre en ces temps où nous sommes rentrés dans ce que  Nicholas Nassim  Taleb qualifie de paradigme de l’ «inconnu inconnu». Celui-ci semble  en effet aujourd’hui prendre le pas sur  l’ « inconnu connu » , le modèle du monde d’avant, vous savez, celui dans lequel on  tentait de pré-voir à partir de ce qui s’était passé dans …le passé ! (Le Cygne Noir, 2018).

Ainsi, après mûres réflexions, bien conscient des dimensions dramatiques de la situation, de sa propre fragilité et de celle de ses proches ; l’auteur a néanmoins choisi de rester fidèle à la ligne éditoriale de fond de ce blog : être sérieux sans se prendre au sérieux… Autrement dit s’accorder la possibilité de parler de choses graves (cf. billets précédents) sans s’interdire d’en sourire, voire d’en rire en cultivant cet aphorisme de la NASA : « Si grave que soit la situation, il est toujours possible de l’aggraver ! » et habité par les mots de Léo Buscaglia selon lequel « L’inquiétude ne protège jamais des chagrins de demain, mais éclipse toujours la joie du moment présent ! »

Et si on jouait au Cluedo ?

Ainsi après avoir retrouvé : les joies du Mille Bornes et de la bataille navale, être allé en prison et revendu 8 fois mes gares au Monopoly, survécu à 222 parties de UNO, relu Critique de la Raison Pure de Kant et toujours rien compris  (en même temps mes cours d’allemand sont loins), il me restait à accéder à la pression populaire de mes partenaires de confinement : rejouer au  Cluedo ! Je finis donc par accéder à leur demande mais soucieux d’allier plus que jamais la pratique quotidienne aux découvertes de la Psychologie Positive, je proposais de substituer à l’énigme classique, des questions d’importance majeure à l’aube de cette nouvelle ère pandémique. Pouvait-on espérer quelque chose de positif de ce traumatisme individuel et collectif ? Y avait-il une chance que l’on puisse surmonter toutes ces souffrances physiques et mentales ? Serait-on condamnés au retour à l’âge de pierre, une économie de la survie où faillites et chômage de masse seraient inéluctablement notre horizon futur ?

Etant donné le biais de négativité largement dominant, la cause semblait entendue mais ma fâcheuse tendance à la déviance positive m’encourageait à entretenir une lueur d’espoir en tant que Coach Positif et Consultant Appréciatif. Le moment était venu de creuser une nouvelle piste pour aider les personnes et les organisations à non seulement s’adapter au nouveau paradigme, mais encore mieux à en sortir plus fortes en cultivant leurs aptitudes à une vraie Croissance Post Traumatique … Au début de cette enquête, nous obtînmes (et de fait, vous obtîntes par la suite) un premier indice de la recherche en la matière, qui attisa (à ne pas confondre avec le Chef des Huns) notre curiosité  : si 75% des gens traversent une épreuve majeure au moins une fois dans leur vie et la majorité d’entre eux reconnaît des conséquences positives, stables et durables.

 

Le colonel Moutarde dans la cuisine avec la corde ?

 

  • Avec du recul, c'est seulement quelques semaines après nous être comme d’habitude pour sacrifier à la coutume, souhaités une « Bonne Année 2020 » que tout était parti en vrille ! A ce moment- là, qui aurait dit que nous aurions tous et toutes plus que jamais besoin de cultiver une bonne santé tant sur le plan physique que psychologique ? Bien sûr, il y avait bien quelques nuages qui s’accumoncelaient (tentative d’expérience en laboratoire à la mode, d’hybrider accumuler et amonceler) depuis quelques années dans le ciel radieux d’un progrès sans limite. En tous cas, c’est ce que nous laissait augurer une croissance que d'aucun imaginait infinie même si pour ma part, les lointaines racines autruchiennes de mon ancêtre Helmut Tardelpick, m’enjoignaient (et comme le disait mon ami Bob M. : n’en joint pas qui veut !), de garder l’espoir. Cependant, le choc précédent la sidération avait été si violent et si fort que comme beaucoup, je m’étais instinctivement abrité derrière mes biais  cognitifs et j'en avais de nombreux :
  • Biais de confirmation : rechercher et ne prendre en considération que les informations qui confirment ses croyances et ignorer celles qui les contredisent
  • Biais d'ancrage : utiliser la première information acquise sur le sujet comme référence
  • Biais de disponibilité : se contenter des informations qui sont déjà à votre disposition
  • Biais d'attribution : tirer des conclusions hâtives
  • Biais d'autorité : craindre de contredire les figures « d'autorité »
  • Biais de conformisme : penser et agir comme les autres le font

Aussi, pris dans la tourmente, je tentais de me bricoler une nouvelle « identité psychologique de crise » pour préserver un tant soi peu de cohérence entre ce que « devait » être la réalité pour continuer à "faire tourner le manège enchantée du monde d’avant "  et les bad news de tous les prophètes de malheur qui annonçaient au mieux l’effondrement, au pire l’apocalypse.… C’est alors que j’eu cette idée lumineuse (déjà peut-être les premiers symptômes) de me retrancher dans la salle à manger avec Mr Olive et Mme Pervenche pour tenter de comprendre ce qui nous arrivait. Pas facile de garder la tête froide quand même ce pauvre Gene Simmons ( guitariste légendaire d’un groupe au nom « d’un truc que l’on ne peut plus faire » (?)) , « déconnait à plein tube »,  comportement qui après consultation de mon amie La Rousse, consistait à « dire ou faire des conneries à haute intensité » n’était pas pour me rassurer...

 

Trouver un sens au confinement…

Au début comme beaucoup je n’avais pas pris la mesure de ce qui se tramait …Après tout cela faisait quand même un bon moment que je ne consommait plus de chauve-souris et mon dernier voyage professionnel en Chine pour une organisation qui le vaut bien m’avait définitivement convaincu de renoncer au ragoût de pangolin et aux brochettes de foie de chien …Cependant, même je n’étais pas le seul semble-t-il à trouver que l’on en faisait peut être un peu trop, je compris bien vite que passer du statut de cons-libres à celui de cons-finés était un prix qu’il nous faudrait payer pour tenter de limiter les effroyables dégâts que la pandémie naissante nous laissait présager…

Reprenant le yoga et la méditation intense selon la méthode Sha Âdra de Michel Perché (à voir absolument :)) …. c’est, croyez-le ou non,  le 1er Avril que je connu « l’Illumination » sous un abricotier en fleur...  Pour ceux et celles qui, malgré la situation, continueraient envers et contre tout à cultiver un scepticisme kantien, ce phénomène n’a rien d’extraordinaire si ce n’est peut-être par la variété de l’arbre sous lequel je vécu cette expérience ultime. A ce titre pour les sceptiques, j’ai depuis, eu vent d’au moins deux autres cas : l’un connu semble-t-il le même type de révélation sous un figuier, nous ouvrant ainsi la voie de l’octuple sentier ; l’autre l’aurait vécu sous un pommier ; ce qui  l’aurait soit disant amené à définir les premières lois de la physique classique de façon totalement accidentelle. Autant dire que je me retrouvais donc en bonne compagnie, et cela même si certains de mes détracteurs avaient suggéré que l’absorption d’un mélange de chloroquine et de farine (de ma copine Francine dans la cuisine avec la scie égoïne…) à haute dose le jour précèdent mon illumination avait pu altérer ma perception des évènements et pouvait donc remettre en question les conclusions qui vont suivre dans ce billet…

 

 

Quel mode de confinement avez-vous choisi ?

 

C’est toujours amusant de voir comment du jour au lendemain, une expression ou un mot peut devenir populaire. En Mars 2020, c’était le mot « confiner » qui faisait une entrée fracassante dans toutes les conversations…Pourtant, quelque chose dans cette popularité soudaine me chiffonnait.  Je décidais de consulter  à nouveau mon amie La Rousse et comme toujours, celle-ci me permit  d' interpréter les choses sous un nouvel angle…

Ainsi, le confinement pouvait être envisagé selon trois modes différents…On pouvait  être pro actif en « se confinant » comme les adeptes des joyeuses théories de l’effondrement et de l’Apocalypse. A ce titre d’ailleurs, sachez qu’il faut compter 55K€ pour un 10m2 avec 6 lits (filtre à air et nourriture lyophilisée pour 25 ans inclus). On pouvait aussi, et c’est bien humain dans un premier temps, « subir le confinement » en accédant au nouveau statut d’ « être confiné » !

Mais après réflexion, on pouvait aussi choisir d’envisager cette figure imposée comme une opportunité, un encouragement à accueillir et vivre une expérience inédite qui « confine à » : penser, regarder, écouter, ressentir, aimer, méditer, dessiner, cuisiner, peindre, danser, applaudir, remercier, jouer, apprendre…  et tellement d’autres choses encore !

 

 

 

 

Oui d’accord… cela marche en pratique mais est-ce que cela marche en théorie ?

 

Que cela soit sur le regard que nous portons sur nous-mêmes ou sur les autres, la manière dont nous envisageons l’existence, notre capacité à prendre du recul,  à modifier notre jugement et à mobiliser nos ressources personnelles pour avancer au mieux vers les buts qui nous importent ; la Psychologie Positive nous invite à développer une plus grande flexibilité  par rapport à nos expériences de vie… Si cela fait du sens en temps normal, la vie au temps du coronavirus nous invite d’autant plus à cultiver trois attitudes pour préserver et cultiver notre santé mentale (Shankland et al., 2018) :

  • Prendre conscience de ce sur quoi nous portons notre attention pour favoriser la prise de perspective et de recul
  • Développer une plus grande « flexibilité mentale » au quotidien pour pouvoir choisir davantage la réponse (comportement) que l’on souhaite apporter « en situation » et rester en cohérence avec nos valeurs et nos objectifs
  • Améliorer la relation à soi-même et aux autres

 

Et la Croissance Post Traumatique dans tout cà ?

L’idée de " l’épreuve » à vivre", affronter et traverser pour en sortir plus fort, existe depuis la nuit des temps. Dans certaines cultures celle-ci prend toujours la forme d’un rite de passage (et certains sont tout à fait contestables), une étape de la vie susceptible de permettre à ceux et celles qui la subissent de grandir et d’accéder à de nouvelles formes de compréhension de ce qu’ils (elles) sont, du sens de leur destinée ainsi qu’à une nouvelle conception du monde souvent plus profonde. Face à un trauma cependant, nos capacités de résilience et nos réactions sont différentes : certains ne s’en remettent pas, d’autres retrouvent leur niveau de bien-être pré-traumatique, d’autres encore, le dépasse… Dans le modèle classique le trauma correspond à une rupture dans l’existence et entraîne toute une série de réactions psychologiques propre (réactions émotionnelles intenses, déni, pensées intrusives…) (Horowitz, 1986).

Dans les années 90, Tedeschi et Calhoun, deux psychologues de l'Université de Caroline du Nord s’intéressent pour leur part aux liens entre des évènements de vie grave (sources de crise majeure pour les individus) et les changements psychologiques majeurs et positifs qui peuvent en découler et définissent le concept de Croissance Post Traumatique (Post Traumatic Growth). Leurs recherches démontrent que pour certains d’entre nous, l’expérience d’un profond trauma conduit à un développement qui surpasse ce qu’ils étaient avant la phase de crise. Pour ceux-là, c’est bien la lutte intérieure pour faire face au trauma et à ses conséquences qui va donner lieu à une recomposition du moi, un nouveau rapport au monde à travers l’émergence de nouvelles croyances et la recomposition d’un système de valeurs différent de celui qui prévalait avant la crise.

 

Question du Coach Positif

  • Quelles croyances et valeurs sont touchées, voire remise en question pour vous en ce moment ?
  • Pouvez-vous envisager un ou plusieurs aspects positifs à la situation actuelle ? Que cela soit à titre personnel ou professionnel. A titre individuel ou collectif.

 

La Croissance Post Traumatique comment çà marche ?

Le processus de ce profond changement interne pour a personne se passe en deux temps distincts :

-Un mécanisme d’assimilation qui va se traduire par l'intégration, l'intériorisation ou l'appropriation cognitive du nouveau contexte et de ses conséquences sur elle-même.

*A ce titre, la recherche en la matière nous montre que les capacités d’intégration chez les personnes étudiées sont presque extensibles à l’infini…Cela s’explique par le fait que dans des situations extrêmes, nous sommes animés par ce qu’il y a de plus archaïque en nous :  se préserver et se maintenir en vie !

 

- Un mécanisme d'accommodation qui se traduit par un « apprentissage » pour « incorporer » les nouvelles croyances et comportements qu’induisent chez la personne les changements dans son environnement et les évènements graves qu’elle vit.

Tedeschi et Calhoun (1996)

 

*Ici, l'accommodation répond à la nécessité pour l'organisme de se modifier pour s'adapter aux conditions extérieures, s’enrichir et/ou élargir une palette de comportements en favorisant une plus grande flexibilité.

 

 

 

 

 

 

Question du Coach Positif

  • Où en êtes-vous de votre processus de croissance, refusez-vous la situation, êtes-vous en train d’en « assimiler » les conséquences sur vous et ce qui vous entoure, avez-vous commencé à vous en « accommoder » ?

 

Les cinq bénéfices de la Croissance Post Traumatique

 

Vétérans de la guerre d’Irak comme la chirurgienne de l'armée Rhonda Cornum, rescapés du 11 Septembre ou des attentats de Paris, victimes anonymes de graves accidents et de maladies menaçant leur existence ; ceux et celles qui ont vécu ce processus intérieur témoignent d’au moins une des cinq conséquences positives suite à leur expérience traumatique :

  • Le désir d’être ouvert à de nouvelles opportunités (inexistantes ou semblant impossibles avant)
  • Un plus grand sens de la connexion avec les autres (souvent traduit par une augmentation de l’empathie envers la souffrance des autres)
  • Un sentiment de plus grande auto-suffisance (« si j’ai surmonté cela, je peux surmonter n’importe quoi »)
  • Un sentiment de gratitude pour la vie en général plus présent et davantage d’estime pour les choses que l’on pensait acquises
  • Une connexion spirituelle plus présente ou plus forte

*Remarque : si notre attention est davantage attirée par tout ce qui se rapporte aux troubles de stress post-traumatique, la croissance post-traumatique est beaucoup plus fréquente et Tedeschi a constaté que jusqu'à 90% des survivants de tous horizons en rapportent au moins un aspect de ses aspects.

 

Questions du Coach Positif

  • Avez-vous éprouvé une ou plusieurs de ces ressentis dans la période que nous vivons ?
  • L’avez-vous constaté autour de vous, dans vos conversations personnelles ou professionnelles ?

 

Les stratégies pour favoriser la croissance ou le développement post-traumatique


La période de confinement aura vu l’explosion du télétravail dans des conditions bien souvent improvisés pour les organisations et les salariés et le retour au travail laisse présager d’une recrudescence des risques psychosociaux . Ainsi, pour nombre de personnes et d’organisations, ces dernières semaines et celles qui s’annoncent s’apparentent à un véritable trauma et si de nombreuses recherches furent initialement menées pour aider ceux qui avaient vécu des traumatismes à récupérer, aujourd’hui l’accent est mis sur ce qui permet de renforcer la capacité de résilience pour celles et ceux qui peuvent être appelé(es) à faire face à des situations de risques majeurs. C’est le cas notamment de l’armée US qui a investi 145 M$ pour développer la résilience tant physique que psychologique de ses personnels à travers le programme  Comprehensive Soldier Fitness (CSF). Voici donc quelques-unes des pratiques avérées et reconnues pour leurs effets positifs en tant de crise :

 

 

 

Pratiquer le Mindfulness

Médicaments et psychothérapie ne marchent pas pour tout le monde (sans compter les effets secondaires de certaines prescriptions) et on ne compte plus les études qui démontrent les bienfaits du Mindfulness    initialement développé par le Dr Jon Kabat ZIN. Ainsi, selon Sara Lazar, neurobiologiste à Harvard, le mindfulness peut changer notre cerveau  en réduisant le centre de la peur qu’est l’amygdale où se déclenche flashbacks d'anxiété et panique suite à un traumatisme.

Question du Coach Positif

  • A quel moment de la journée prenez - vous un temps pour vous recentrer, trouver le calme et la confiance pour rester en équilibre lorsque tout semble chaotique ?

 

Apprendre l’auto compassion

La culpabilité, la honte et le reproche sont en général les sentiments prédominants suite à un trauma. Des pratiques d’auto-compassion et de bienveillance envers soi- même tout d’abord, aident à se reconnecter à des parties de nous qui ont été blessées. La capacité à accepter des situations que l’on ne peut pas changer est cruciale pour l’adaptation et un accord avec la réalité est un prédicateur significatif de croissance post-traumatique.

Question du Coach Positif

  • Etes-vous un bon (ne) ami(e) pour vous-même ?

 

Exprimer sa vulnérabilité

« Pleurer atteste de ce qu’un homme fait preuve du plus grand des courages, celui de souffrir. » V. Frankl

Si la croissance découle de la reconnaissance de ses blessures et de sa vulnérabilité, une étape majeure dans la reconstruction personnelle dépend de la capacité à reconnaître ses peurs, communiquer ouvertement et rechercher de l’aide. Il a été démontré que les récits de traumatismes et de survie sont cruciaux dans la croissance post-traumatique car leur développement oblige les survivants à faire face à des questions de sens et à élaborer de nouvelles réponses pour y répondre.

 

Question du Coach Positif

  • A quel moment et avec qui pouvez-vous partager de façon authentique vos limites, vos peurs, les blessures qui restent à « cicatriser » ?

 

Trouver du sens

"Donner un sens à une épreuve tragique c’est mettre dans son âme une étoile du berger qui indique la direction." Boris Cyrulnik

Pour le psychologue Tedeschi « À un moment donné, et parallèlement à la détresse persistante, un fondement crucial de la croissance post-traumatique consiste à donner un sens à son traumatisme et à réfléchir à son traumatisme. »

Questions du Coach Positif

  • Quel sens donnez-vous aux événements que vous traversez ?
  • Et si cette crise était au contraire l’occasion de retrouver du sens à votre travail ? Que feriez-vous ?

 

Exprimer sa gratitude

Au-delà de ses effets positifs sur le bien-être et la qualité des relations, la gratitude est une attitude générale envers la vie, une orientation reconnaissante qui consiste à percevoir davantage les éléments positifs du quotidien. L’une des pratiques les plus efficaces en Psychologie Positive pour renforcer la résilience consiste à tenir un journal de gratitude en notant tous les soirs 3 bonnes choses (et cela ne doit pas être obligatoirement de « grandes choses »), qui se sont produites dans la journée et en quoi on y a contribué.

Questions du Coach Positif

  • De quoi êtes-vous reconnaissant(e) dans cette période si particulière ?
  • Quelle personne pourriez-vous rappeler pour la remercier de ce qu’elle a fait pour vous ?

 

S’appuyer sur le collectif

La résilience n’est jamais un effort seulement solitaire. Ainsi, si rebondir après une crise dépend en partie de nos ressources individuelles, de nos prédispositions naturelles et de notre état d’esprit ; les liens avec les autres et la qualité de leur soutien est primordiale pour renforcer notre résilience. Le soutien social en ce qu’il nous encourage à nous concentrer sur nos forces, est un amortisseur pour la maladie mentale et la réponse au stress et cela à condition que deux critères soient réunis :

  • Que la personne puisse partager son vécu dans « l’ici et maintenant » en exprimant ses préoccupations quant au passé et au présent ainsi que ses inquiétudes par rapport au futur car « ce processus de narration lui apportera un soutien et une motivation supplémentaire dans sa lutte pour le dépassement du trauma et, par conséquent, dans l’intégration de nouvelles perspectives de vie. » (Martin & Tesser, 1996).
  • Que les proches impliqués répondent de manière suffisamment efficace à ses besoins pour que le partage de ses émotions et de son vécu renforce ses liens et l’amène à se recentrer sur des valeurs liées à la dimension de la relation (bienveillance, partage, confiance…) (Cordova, 1999)

 

Questions du Coach Positif

  • A qui pouvez-vous demander de l’aide ?
  • A qui pouvez-vous proposer votre aide ?

 

"On est dans la résistance, pas encore dans la résilience"

Ces mots de Boris Cyrulnik illustrent bien ce qui nous attend tant sur le plan individuel que collectif pour avoir une chance de ressortir plus forts et plus sages de cette crise sanitaire qui, d'une façon ou d'une autre, imprimera sa marque dans les circuits neuronaux de plus de trois milliards et demi d'êtres humains sur la planète...

Alors monde d'avant ou monde d'après ? Et si l'on se contentait simplement d'imaginer et de bâtir ensemble un monde "différent" où nous pourrions allier nos "êtres" et nos "avoirs" de façon plus juste et avec plus d'équité ?

eric@mellet-consulting.com

 


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