YES TO THE MESS* ! 6 Principes pour mettre du Groove* dans votre organisation !!!


         *Peut au choix assez bien décrire les principes d’entropie propres à une chambre d’ado de base ou le monde de ce génial début de 21ème siècle, que les chantres de l’ère du Verseau nous annonçaient sous les auspices d’une plus grande fraternité et d’un plus haut niveau de conscience de l’humanité. Pour ma part, j’y crois toujours, mais faut reconnaître que c’est pas gagné non plus 🙂

*Selon notre amie La Rousse : Qualité rythmique propre aux musiques qui incitent à bouger, à danser (rock, pop, funk, etc.)

 

Avertissement aux lecteurs

Bon alors… Pour ceux et celles qui vont se lancer dans la lecture de ce billet estival ; je tiens à vous prévenir que cela ne sera pas sans conséquence… De toute façon, par les « temps qui courent » (une expression qui, quand on y réfléchit bien, n’a pas plus de sens que celle consistant à se mettre une puce à l’oreille) ; il semblerait que quoi que l’on fasse, ou ne fasse pas d’ailleurs, il y a toujours quelqu’un de bien intentionné pour nous menacer de « graves conséquences » !  Fidèle à un style toujours en émergence, je préfère dire au lecteur pressé de trouver un sens, des réponses à ses questions métaphysiques ou tout autre forme d’explication sur l’état du monde et son devenir, qu’il sera déçu… Cela dit, comme on est au temps du bon vieux Scroll’n Roll, autant tout de suite « Passer sa route » comme le dit si bien mon ami Maxime l’homme des bois. Néanmoins, dans ce cas et avant de se quitter pour vous laisser repartir comme Gérard Le Stéphanois « On the road again »; nous crûmes bon (sachez d’ailleurs à ce titre que lorsque nous re-crûmes, vous re-crûtes !) de faire une Coppola* en partageant ici la recette du Gin Tonic Del Pedro de la Vega (il se reconnaîtra) :

  • Pousser le volume et balancer «When Love Comes To Town »
  • Remplir abondamment de glaçons un (très) grand verre
  • Mettre un « fond généreux » de Gin Nordés (40 degrés tout de même…)
  • Rajouter une dose de Cointreau
  • Baigner l’ensemble d’un « vrai » Tonic
  • Rajouter quelques graines de Cardamone et Baies de Genièvre
  • Un zeste de citron, une mûre ou une groseille font aussi la blague
  • Apprécier !
  • Savoir s’arrêter 🙂

*Coppola disait qu’il mettait toujours une recette dans un film car si quelqu’un ne l’aimait pas, au moins il en retirerait toujours quelques chose...

 

Interlude

Sponsorisé par les Pierres qui Roulent

 

 

Pour ceux et celles qui sont restés « tuned », je vous propose d’aborder la Transformation Positive des Organisations mais cette fois-ci à travers un sujet avec lequel on ne saurait transiger : la musique !  Comme toujours, il s’agit de tenter de faire un doux mélange entre légèreté et sérieux, entre recherche scientifique et philosophie de comptoir, entre questions de fonds et pistes de réflexion… Alors « à vos marques »… Lisez ! (je sais pas...Peut-être l’influence des JO !?)

 

Allez Peter, sois sympa : "Show me the Way" !

 

 

Entre les deux...

 

 

C’est toujours une surprise de constater à quel point des personnes à priori bien cortiquées souhaiteraient que « les choses changent » sans pour autant être bien conscientes que, comme mon ami Ghan Diladi, le changement commence en soi-même… Ou alors c’est peut-être justement l’inverse… Tellement conscientes que le changement est d’abord individuel, le prix à payer de la remise en question(s) des modes automatiques de pensées, des habitudes, à priori, croyances rassurantes que les choses « devraient être comme-ci ou comme-çà, leur apparaît comme trop élevé et il est bien plus simple de demander aux autres de changer. Alors, « It’s a shame » mais persuadés que les “Girls want to have fun » et que les « Boys don’t cry », nous avons tendance à renforcer ce que  Carol S. DWECK, Ph.D et chercheuse en Psychologie à Stanford, définit sous le terme d’Etat d’Esprit Fixe (Mindset : a New Psychologie of Success, 2006). Dans ce cas là, l‘intelligence est figée, statique et les choses sont ce qu'elles sont une fois pour toutes ! Ses recherches nous apprennent que dès lors se développe une tendance à éviter toute situation potentielle qui présente un risque ou renferme de l'incertitude ; autant dire qu’en ce moment, cela ne simplifie pas la vie. La « remise en question » laisse la place au renforcement de la croyance initiale qui va s’amplifier pour devenir un trait de caractère, une « tournure d’esprit » qui selon notre amie La Rousse correspond à « une manière propre à quelqu’un de se présenter les choses, d’accueillir les évènements, d’y réagir.»

C’est en 1970 que deux chercheurs en psychologie : le linguiste John Grinder et le mathématicien-informaticien Richard Bandler créent la Programmation Neuro-Linguistique. Parmi leurs nombreuses découvertes sur notre décodage de nos expériences, notre présence au monde et notre capacité à communiquer, ils mettent à jour trois processus qui influencent notre façon de penser :

 

 

Sélection

Principe 

  • Pour éviter d’être submergé par la masse d’informations à traiter, notre cerveau sélectionne à notre insu ce qui lui apparaît comme pertinent

Conséquence 

  • Nous ne prêtons attention qu’à certains aspects de notre expérience…et cela pour le meilleur (sélection aidante) comme pour le pire (sélection limitante) !

 

     Suggestions du Coach jazzy appréciatif

  • S’ouvrir à la différence de point de vue et à l’altérité en développant l’empathie, la bienveillance, l’écoute et le feedback constructif
  • Méditer ce que nous dit le centenaire Edgar Morin « Au fond tout le problème est là : la grande menace c’est le renfermement. Sur le plan mental, quel est le danger aujourd’hui ? C’est le fragment…C’est la fragmentation du discours techno-scientifique qui, dominant sur la planète, ne voit chaque fois que des coupes et qui élimine tout ce qui est de la chair, de la vie, de la passion, du sens, de l’humanité ! »
  • Ecouter Jean-Louis quand il nous dit « Parle moi », étancher sa soif avec un bon « shot d’Oasis » 

 

 

Distorsion

Principe 

  • Nous modifions nos perceptions ou nos représentations à notre insu

Conséquence 

  • Nous « interprétons » notre expérience de façon telle qu’elle puisse rester cohérente avec notre vision du monde. Pour le meilleur, c’est ce qui nourrit notre capacité à créer, imaginer, anticiper un futur plus ou moins positif. En revanche, pour le pire trop souvent, c’est aussi ce qui nous fait oublier que nos « idées » ne sont pas la réalité !

 

 Suggestions du Coach jazzy appéciatif

  • Prendre du temps pour «se poser» et repenser à ce que nous dit Descartes : « Pour examiner la vérité, il est besoin, une fois dans sa vie, de mettre toutes choses en doute autant qu’il se peut. »
  • Intégrer ce que nous révèlent de récentes découvertes en neuroscience :  on voit ce que l’on croit !
  • Répondre à la question pour soi-même : est-ce que ce que je vois et je ressens nourrit davantage ma confiance ou ma peur du lendemain ?
  • Ecouter…Ou plutôt sûrement ré-entendre « Imagine » de ce cher ami John en live, découvrir cette version très spéciale  de       « Sunny»  ou surprise 

 

Généralisation

Principe 

  • Notre appréhension et notre compréhension de la situation présente se fondent sur nos expériences du passé

Conséquence

  • Notre prédiction et notre projection dans les situations à venir sont conditionnées par notre…passé !

 

Suggestions du Coach jazzy appréciatif

 

 

Learn from THE BOSS !

 

 

 

Alors, heureusement pour nous, il y a aussi une autre voie à explorer : celle que Carol Dweck définit par l’Etat d’Esprit de Développement ou Growth Mindset (pour les non anglophones, prononcer Grosse avec la langue entre les dents :))

Si entretenir un Etat d'Esprit Fixe nous amène plus vite à notre seuil d'incompétence et génère une forme de conflit avec un monde qui évolue toujours plus vite vers toujours plus de complexité ; cultiver un Etat d'Esprit de Développement incite notre intelligence a toujours être "en mouvement".  Dans ce cas, le moteur principal est le désir de découvrir et d’apprendre ! Pour cela, il s’agit d’accepter de redescendre de son pied d’estale, perdre ses repères, tâtonner un moment avant de retrouver son chemin de croissance pour finalement se donner l’opportunité du Kairos.

Dans la musique comme dans les organisations, le Leadership ne se décrète pas ! La première attente des cadres à l’égard de leurs Leaders ? Que leurs actes soient cohérents avec les valeurs qu’ils défendent (étude Edhec Business School-HayGroup). Au risque de m’attirer des ennuis (mais n’est-ce pas l’esprit du Wok’n’Woll ?), s’il y a beaucoup de grandes figures dans la mythologie musicale, qu’on se le dise il n’y a qu’un Boss ! Plus de 40 ans depuis son premier album Darkness on the Edge of Town, une voix unique et un son HENAURME, des concerts de 5 heures d’une intensité phénoménale…Et pourtant un jour, un concert à Leipzig, la demande d’un fan et l’illustration même de ce qu’est le Growth Mindset devant juste quelques dizaines de milliers de témoins…Pas honte, pas peur et en plus c’est contagieux 🙂

 

 

Learning to Fly !

 

 

Y'a un début à tout...

 

 

« What goes up, must come down » nous dit ce cher Tom Petty accompagné de ses Heartbreakers. Et oui parce qu’apprendre à voler, c’est un peu comme marcher sur l’eau : il faut vraiment y croire (mais alors vraiment, vraiment !). Et c’est justement le problème avec la croyance, c’est tout l’un ou tout l’autre…Y croire à 99% ne suffit pas comme me le disait mon ami Chigan après son épreuve de marche sur les braises pour sa Certification de Chaman Ite Phaloïde (oui je reconnais que celle-là est difficile sans consommation d'eucaryotes). Le secret : cultiver l’Etat d’Esprit du débutant ! C’est un peu comme aller à un concert pour la première fois. Pour ma part, j’avais quinze ans, c’était en 78… Jean-Louis, Louis, Richard et Corinne gueulaient dans l’hygiaphone depuis 2 ans déjà ! Après il y en aurait beaucoup d’autres…Certains connus : Bob Marley (rentré dans la légende en mourant quelques semaines plus tard), AC/DC (l’original avec Bon Scott), Joe Cocker (RIP), Bowie (RIP), The Clash, The Police, Nina Hagen (où peut-elle bien être aujourd’hui ?), Earth Wind & Fire, The Pretenders (Ah Chrissie, tu n’avais d’égal que l’atomique Blondie), Crosby, Stills & Nash (de Woodstock...à Wembley), U2Prince (RIP), Simpleminds (à leur top), Phil Collins (au Madison Square Garden)…et d’autres plus confidentiels : The Chameleons, Kid Creole & The Coconnuts, Steel Pulse, The Dictators ou encore Motorhead (une musique des sourds comme aurait dit ma grand mère)…

Alors, autant dire que s’il y a bien un sujet avec lequel l’humour à ses limites ; c’est celui de la musique !

 

 

Mais dis moi Lisa, pourquoi All That Jazz ?

 

 

Hit The Road Jack

 

 

J’imagine qu’à ce stade ceux et celles que je n’ai pas encore perdu comme on peut l’être par un morceau de Yes ou de Genesis peuvent légitimement se demander : mais qui c’est ce Pink Floyd et quel rapport avec le monde sérieux du travail et de l’organisation ?

 

Alors là je vous répondrai pour commencer :

Je vous dirai ensuite que le temps presse pour "My Generation" parce que les "Beds are burning" et qu’il est temps de Move on Up au moment ou Bezos et Branson se tirent la bourre pour être le premier "Rocket Man".

 

Enfin, suivant le King et n’en déplaise aux "Suspicious Minds", je vous proposerai entre deux Russian Morito au bord de la piscine de faire cette transition en répondant à cette énigme :

 

 

 

 

  • je suis souvent amené à prendre des décisions en public et dans un environnement où les choses bougent très vite
  • il n’y a pas moyen de prédire si les décisions que je prends et les actions que je mène conduiront au succès à tous les coups
  • il y a beaucoup de données à traiter en même temps
  • c’est équivoque parce qu’il y a des tas de façons différentes d’interpréter les    messages reçus
  • si rien ne garantit les résultats de mon action, je n’ai aucune prise sur l’interprétation qui en sera faîte
  • comme tout cela se fait « en public », je ne peux pas revenir en arrière
  • mon travail s’inscrit dans une oeuvre collective et ma performance sera évalué aussi en fonction de celle des autres
  • je dois souvent improviser et c’est aussi le cas pour ceux et celles qui m’entourent
  • je COMPRENDS que JE DOIS APPRENDRE à ME FAIRE CONFIANCE ET A FAIRE CONFIANCE

 

Qui suis- je ?

Réponse 1 : Un joueur de Jazz

Réponse 2 : Un Manager/Leader/Entrepreneur/Toute personne amenée à travailler en équipe projet

Réponse 3 : Possiblement les 2

 

 

Le Jazz d’accord…mais comme dirait ce bon vieux Eddie Harris : Compared to What* ?

*Exemple de Groove total...

 

Allo Docteur ?

 

Je ne sais pas pour vous mais pour ma part, le rythme ou devrais-je dire justement les rythmes du Jazz ne suscitèrent pas un enthousiasme spontané chez l’ado que j’ai été (et non que je fus car il me semble parfois en avoir encore quelques réminiscences). Rythm and Blues, Soul, Rock (sous toutes ses formes), New Wave, Punk, PoP, Funk, Bossa Nova… le chemin de découverte fut long avant que mon oreille ne commence à s’ouvrir au Jazz … L’été 82, un job de saison en tant que DJ m’amena à Stepping Out dans ce nouvel univers. Les spécialistes du genre s’accordent à dire que ce genre musical présente trois caractéristiques fondamentales :

  • Le rythme

Elément déterminant, le « swing » est une pulsation qui donne une envie impérieuse de bouger

  • L’improvisation

Au cœur même du Jazz, elle fait l’une des grandes différences avec la musique reposant  sur l’écriture pour permettre sa reproduction. Ici, le thème (ou mélodie) ne représente que le point de départ du morceau, la trame harmonique à partir de laquelle le Jazzman va « composer » instantanément sa propre musique

  • Le son

Il est la « signature » de chaque jazzman qui marque ainsi ses compositions avec sa sonorité qui est  comme son empreinte

En ces temps de Pandéconomie émergente, il m’apparaît aujourd’hui que bon nombre d’organisations gagneraient à s’inspirer de l’esprit et du fonctionnement des groupes de Jazz. A la fin des années 70, Dee Hock, fondateur et dirigeant de VISA pendant plus de 20 ans, crée le terme de Chaordique (chaos/order) pour décrire la « conduite auto-organisée et auto-gouvernée de tout organisme, organisation ou système qui combine harmonieusement les caractéristiques du chaos et de l’ordre. » Aujourd’hui, que cela soit au niveau individuel en tant que coach, organisationnel en tant que consultant appréciatif ou tout simplement en tant que citoyen français, voire même soyons fou comme terrien (et quand terrien, t’es rien !) ; il semble qu’il y est une gigantesque pression à apprendre à accepter et à vivre de nouveaux équilibres entre ordre et chaos. Or comme l’explique si remarquablement Jean Claude Ameisen dans son ouvrage La Sculpture du Vivant (Etude,2014), toute la biologie et le principe même de la Vie reposent sur l’indispensable co-existence de ces deux éléments. Suffisament d’ordre pour assurer le principe général de « reproduction » ; suffisament de chaos pour assurer le principe de « diversité » qui permet à tout ce qui est vivant de « muter » en permanence pour s’adapter aux conditions d’un environnement en perpétuel changement.

 

D’apprendre pour travailler à ... travailler pour apprendre !

Bon , on s'y met oui ou non ?

 

Dans le monde linéaire et mécaniste de Newton, on pense qu’il faut d’abord apprendre avant d’exécuter et de corriger pour peu à peu « maîtriser » et tout cela marche très bien tant que l’environnement reste relativement simple, assez stable et prévisible…bref que l’on a le temps pour atteindre une forme de perfection. Dans le monde quantique où tout existe ET n’existe pas en même temps (et tout cela à la vitesse de la lumière :)) ; c’est l’observateur qui crée la réalité dans un environnement qui n’est plus régit par les dimensions classiques du temps et de l’espace. Ici, c’est l’inconnu et l’incertain qui deviennent la norme. Alors là comme aurait dit ce cher Michel : mais quel rapport avec le Schmilblick Eh bien justement, c’est ce qui se passe dans le Jazz lorsque les musiciens tentent de délivrer une performance consistant à produire, apprendre et partager une « expérience » devant et avec le public sans avoir répété (ou très peu) et sans savoir « à l’avance » comment le morceau/concert va concrètement se dérouler.

Dans son ouvrage Yes To The Mess (Harvard Business Review Press ,2012), Franck J.Barett, pianiste de jazz renommé, PhD en Management et Comportement Organisationnel à la Naval Post Graduate Academy (Monterey, Californie) et à la Fielding Graduate University (Santa Barbara, Californie) nous éclaire sur les sources d’inspiration que le Jazz peut offrir en matière de Développement des Organisations (OD). Il est d’ailleurs intéressant de noter que ses idées rentrent en parfaite résonance les cinq disciplines de l’Organisation Apprenante définit par Peter Senge (La Cinquième Discipline, 1990) et diffusées par SOL France.

 

 

Les 6 principes pour mettre du « Groove » dans les organisations

Cepafo

 

1°) Maîtriser l’Art de Désapprendre

 

 

Damned ! Trop vite...

Principe

 

Rejouer la même chose deux fois et proscrit et si votre “son” est prédictible, alors vous êtes considéré comme un mauvais improvisateur dans le petit monde du jazz. Eviter de tomber dans le piège de la compétence acquise ou du succès est vital pour rester dans le groove qui consiste à jouer de façon inspirée.

Conséquence pour l’Organisation

Dans un environnement toujours plus complexe et instable, l’organisation pyramidale (et il en existe encore tellement) est trop lente pour décider et agir dans le tempo. Fondé sur les vieux principes du Command & Control, vestige du vieux modèle Taylorien et des théories de l’Organisation Du Travail, le Leader doit évoluer de l’art de la planification à celui de l’improvisation. Quand la gestion de crise devient la norme, quand la ré-organisation supplante l’organisation, les recettes d’hier ne fonctionnent plus et les « on a toujours fait comme çà », « ce n’est pas normal…çà devrait être comme ci ou comme çà » sont des poisons lents aux effets dévastateurs pour toutes les "entreprises humaines". Mobiliser et à innover nécessitent de prendre des risques, de parler « aux autres » (du Maketing, du Commerce, de la Finance, des RH…). Cela étant dit, « improviser ne s’improvise pas » et comme le dit Franck J. Barrett, improviser est « un art très complexe, le résultat d’un apprentissage implacable et d’une imagination domptée, supposant des années de pratique et d’imprégnation de schémas. »

En clair : Improviser, cela s’apprend !

 

Suggestions du Coach jazzy appréciatif

  • Repousser la « Comme d’habitude », traquer et débusquer la routine qui endort et ramollit le corps et l’esprit (cf. Modèles Mentaux)
  • Au calme…Ecouter Keith Jarrett un vrai master de l’impro
  • Baisser le volume de la petite musique intérieure sur le thème de la peur d’échouer, de ne pas « être parfait(e), d’être incompétent(e), de la honte face au jugement des autres… Monter le volume de l’envie d’apprendre, de l’ouverture et l’accueil au potentiel illimité d’actions que renferme chaque moment de vie si l’on en est pleinement conscient.

En clair : Etre Présent au Présent !

 

2°) Oser dire « Yess To The Mess* !!!»

*Au choix : « Oui au désordre » en version soft, « Oui au Bordel » en version hard

Funky Monkey

 

Principe 

Jouer un morceau de jazz s’apparente à un processus itératif dans lequel chacun doit se mettre en « état de totale réceptivité » pour sentir le moment de prendre son solo et celui qui consiste à mettre les autres en valeur : « Bien que les musiciens de jazz soient surtout connus pour leurs solos, le jazz est en définitive un processus permanent d’intégration par le groupe » (Frank J. Barrett). Basé sur le dialogue et des échanges permanents, c’est comme si les musiciens se disaient implicitement « oui » » et acceptent le jeu de l’improvisation et du bricolage.

 

Conséquence pour l’Organisation

On ne demande plus au Leader d’avoir réponse à tout et d’être le meilleur en tout, on attend de plus en plus qu’il (elle) « facilite » un processus qui permette l’émergence d’une Intelligence Collective. Dans ce contexte où le tout est supérieur à la somme des parties, de nouvelles compétences sont indispensables comme la créativité, la flexibilité, la capacité d’improvisation dans une structure minimale et à distribuer le Leadership (cf.solos) en fonction des situations. Pour le Leader, il s’agit alors d’imaginer, de suspendre le doute et de projeter dans l’action, même s’il ne sait pas où ses choix vont le mener.

En clair : Agir d’abord, réfléchir ensuite !

 

Suggestions du Coach jazzy appréciatif

 

 

3°) Accueillir les erreurs comme « sources d’apprentissages »

 

Chut ...

 

Principe

Quand les jazzmen improvisent, ils prennent et acceptent le risque de l’erreur et de l’imperfection comme source illimitée du plaisir  et de la surprise mutuelle à s’emmener à jouer au-delà de leurs limites. Ainsi, s’accorder le droit à l’erreur et se « supporter » mutuellement quoi qu’il arrive est la base même de l’expérience musicale qu’est le jazz. Bien sûr, il ne s’agit pas ici de l’erreur d’inattention ou du je m’en foutisme mais de celle qui vient de l’engagement total à faire de son mieux, à donner le meilleur pour la performance collective.

 

Conséquence pour l’Organisation

L’erreur est à la base même du processus d’apprentissage en ce qu’elle offre le cadeau de                  « l’ouverture d’esprit », la pensée divergente et la créativité à la base de toute innovation. Cela sous-entend le courage de l’effort, la persévérance, la solidarité. Pour le Leader, cela demande de créer un sentiment de sécurité psychologique  au sein de son équipe. Cela se traduit par une culture de l’erreur et du feedback constructifs pour que ses collaborateurs se sentent libres d’expérimenter pour apprendre, de prendre des risques en zone de sécurité, de s’engager dans l’action mais aussi de partager leurs erreurs et d’y réfléchir en collectif.

En clair : Quand je me plante, je pousse !

 

 Suggestions du Coach jazzy appréciatif

  • Entreprendre une «perfectionectomie» en répondant à ces trois questions :

1) Est-ce que je préfère une vie pleine imparfaite ou une vie morne parfaite ?

2) Que représente l’échec pour moi ?

3) qu’est-ce que je ferais si j’avais la garantie que je ne peux pas échouer ?

 

4°) Trouver « l’accord minimal » et la « structure minimale »

 

 

Simple...

Principe

Il y a bien une structure dans le Jazz mais celle-ci est minimale pour laisser aux musiciens un maximum d’autonomie. De même, il y a un accord général sur l’orientation de chacun(e) dans le morceau mais personne ne sait exactement ce qui va se passer et comment cela va se passer.

Conséquence pour l’organisation

Il y a un monde entre le « travail prescrit » et le travail réel comme le démontre de façon implacable une grève du zèle. C’est à mourir de rire de constater comment on peut exhorter  au même moment les collaborateurs à prendre des initiatives, sortir de leur zone de confort et les noyer sous un fatras de règles, procédures et autres normes qui paralyse toute prise de responsabilité. Toujours compliqué d’être contorsionniste en portant l’armure ! Et puis comme nous le dit ici le sociologue François Dupuy : la structure n’est pas l’organisation !

Encourager l’agilité pour innover nécessite de définir une structure minimale pour une autonomie maximale afin d’équilibrer liberté et contraintes, d’optimiser la diversité et  d’encourager l’exploration et l’expérimentation (cf. Wikipédia, Buurtzorg…)

En clair : voyagez léger !

 

Suggestions du Coach jazzy appréciatif

  • Découvrir et pratiquer les vertus de l’effectuation. (C’est une évidence lorsqu’on devient indépendant après 30 ans passé dans une organisation qui le vaut bien :))
  • Ecouter l’extraordinaire improvisateur qu’est Bobby Mac Ferrin juste avec sa voix ou encore retrouver l’énergie punk des Ramones avec cette version accélérée de What a Wonderful World style le premier arrivé attend les autres…

 

 

5°) Découvrir et favoriser les joies et les vertus de la sérendipité*

* Capacité, aptitude à faire par hasard une découverte inattendue et à en saisir l'utilité (scientifique, pratique).

Ah bon...

 

 

Principe

L’un des maîtres de l’art en matière de Jazz est Miles Davis et son album Kind of Blue est considéré par beaucoup comme son chef d’œuvre. Il place ses musiciens dans une expérience radicale d’improvisation en ne leur demandant quasiment pas de répétition et en  leur communiquant seulement des esquisses de gammes et de lignes mélodiques sur lesquelles improviser. Une fois les musiciens réunis, Davis donne de brèves instructions pour chaque morceau puis fait entrer le groupe en studio d'enregistrement et l’album sera enregistré en deux prises seulement.

 

Conséquence pour l’organisation

Les organisations ne peuvent pas décréter et manager la sérendipité comme elles le désirent mais peuvent développer une culture interne qui favorisera son apparition (Clegg & al,2008).

Dans ce cadre, cinq éléments doivent être réunis pour que l’on parle de sérendipité : un accident, de l’observation, de la sagacité, de la motivation et un micro-environnement (Weisenfeld , 2009). Du Coca-Cola inventé lorsqu’un employé de la pharmacie de John Pemberton eut l’idée d’adjoindre de l’eau gazeuse au sirop concentré pour le diluer, au Carambar, débité en barre (Caramel en barre) suite à une erreur de réglage, en passant par la « méthode champenoise » développée par Dom Perignon ; les « découvertes par hasard » sont légions (Avé Caesar)…

Ainsi, à la question de savoir comment on peut agir sur l’état d’esprit des individus, la culture des organisations et leur mode de management pour favoriser le phénomène de sérendipité ;  De Rond et Thiétart (2007) répondent que le dirigeant doit oeuvrer à bâtir un contexte organisationnel favorable à l’éclosion de stratégies parfois paradoxales, surprenantes ou incongrues. Ainsi, il faut avoir la capacité d’observer l’inattendu pour, éventuellement, en obtenir un résultat. De nombreuses entreprises cherchent à créer les conditions de la sérendipité :  temps pour la recherche et la créativité (Shell, DuPont,3M), conception d’espace de travail, philosophie de recrutement (Google), droit à l’erreur (Pixar)…

En clair : « On ne peut inviter le vent, mais il faut laisser la fenêtre ouverte ». (J. Krisnamurti)

 

Suggestions du Coach jazzy appréciatif

  • Apprendre à observer et tenter des expériences sans intention de résultat
  • Essayer un nouveau sport, improviser en cuisine, inventer des cocktails...
  • Se souvenir que :
  • la réponse is Blowing in the Wind
  • on est Born To Be Wild
  • parfois, il est judicieux de Walk On The Wild Side

 

6°) Un Leadership distribué : alterner "solo"  et "support "

 

D'une façon ou d'une autre...On est tous rayés

Principe

Chacun à son tour doit "prendre son solo" et lorsque c'est le cas , les autres font tout pour que cela se passe dans les meilleures conditions...et pour rattraper le coup si par cas le soliste tombe dans une impasse créative. Dans ce sens chacun(e) prend le Lead à son tour, ce qui nécessite de grandes qualités d'écoute, de courage et d'altruisme.

 

Conséquence pour l’organisation

Le PDG n'est pas une rock star sur qui reposerait toute la création de valeur de l'entreprise (ce qui est d'ailleurs toujours une vue de l'esprit). Un tel Leader cherche moins à briller qu'à permettre aux autres de rayonner autour de lui. Il se fait Serviteur Wong P. T. P, 2007), il cultive la transparence et l'intégrité à travers son authenticité :« Un leader authentique a une profonde conscience de soi, de ses pensées, de ses comportements et émotions ainsi que de la façon dont il est perçu pas ses collaborateurs. Il a une connaissance aiguisée de ses valeurs personnelles et celles de ses collaborateurs et dispose d’un sens éthique et moral cohérent. Il connaît ses forces et celles de ses collaborateurs ainsi que leurs besoins et leurs aspirations. Il connaît le contexte dans lequel l’ensemble de ces facteurs opèrent et est confiant, optimiste et résilient »  Préoccupé par un vrai développement de ceux qui composent son équipe ou son organisation, il inscrit également son action et sa responsabilité au service du Bien Commun.  (Avolio et Gardner, 2005)

En clair : Moins de Je, plus de Jeu !

 

Suggestions du Coach jazzy appréciatif

 

Pour ma part, même si j'aimais bien Quand j'étais Chanteur , le moment est venu de me faire La Belle pour descendre dans Le Sud retrouver des Good People  et passer des Happy Days parce qu'après tout That's Life et c'est My Way !

Pour ceux et celles qui sont arrivés jusque là, je vous dis:

Thank YOU

 

I Wish you de Bonnes vacances (si ce n'est déjà fait...)

Et parce que le Groove, il n'y a que çà de vrai ...

See You in September !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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