Nous sommes rentrés dans l’ère de la testomanie galopante…Nous sommes invités à tout bout de champ à faire un test, qu'il s'agisse de savoir si nous avons telle ou telle "tendance à..." , qu'il s'agisse de savoir si nous sommes plutôt "salé ou sucré" ou encore de découvrir si notre animal totem est plutôt lion, poule ou bigorneau....  un test donc, dont on présuppose bien sûr de la validité et la prédictibilité, deux principes essentiels de la démarche scientifique. Ainsi, c’est ce test qui doit en général nous permettre de révéler « qui nous sommes...vraimment (!?) » et en général ce que nous exploitons ou pas de nos ressources qui, pour l’élève de Carl Rogers que je suis, sont par essence illimitées ...Il y a bien sûr les tests historiques (MBTI, Process Com, Ennéagramme, Success Insight, Disc et autres ….) qui n’ont souvent de valeur que par la démarche initiale de leur créateur et leur influence dans le temps et le paysage des cabinets conseil en Ressources Humaines, même si à l’instar de Patrick Vermeren, on peut s’interroger tant sur leurs fondements scientifiques que leurs modes d'exploitation dans les entreprises.

Depuis sa naissance officielle en 1998, le mouvement de la Psychologie Positive a fondé son développement sur une véritable recherche scientifique. Ainsi, si certaines découvertes étaient initialement le prolongement d’expériences  menées en Psychologie Sociale, des dizaines d’autres sont aujourd'hui le fruit de protocoles de recherche toujours plus précis bien sûr, mais surtout des nouvelles opportunités qu’offrent des instruments de recherche en neurosciences toujours plus sophistiqués.

Alors bien sûr dans ce contexte, la question revenant à s’interroger sur la sorte de nénuphar que nous sommes peut paraître au mieux curieuse, plus vraisemblablement fumeuse (et jusqu’à preuve du contraire le nénuphar ne se fume pas), voire carrément le produit d’un cerveau dont les 100 milliards de neurones auraient soudainement décidés à l’insu de leur propriétaire de se mettre en mode « gilets jaunes »… C’est donc à ce moment-là qu’il est important de reprendre le fil d'un discours plus rationnel et de faire appel à des sources reconnues et qui font autorités, en l’occurrence Peter Senge, Professeur au MIT et initiateur du concept de l'Organisation Apprenante (voir SOL France).

 

La métaphore des nénuphars

 

Nénuphars en nombre

Dans son ouvrage la 5èmeDiscipline, celui-ci fait appel à une histoire pour illustrer la notion de systémique et plus spécifiquement de ce qu'il appelle des « boucles d’amplification ». Cette illustration est une des explications de ce qui nous empêche à l’échelle individuelle d’appréhender ce qui se joue à un niveau plus global en inhibant l’action et la prise de responsabilité.

Ainsi, l'idée est que sachant qu'il double de surface tous les jours, un nénuphar introduit dans un plan d’eau le recouvrira en totalité en l'espace de trente jours... Dans les premiers jours, les habitants proches de l’étendue d’eau ne remarqueront pas le changement et ce n’est seulement que le 28ème jour lorsque 25% de sa surface en seront parsemés, qu’ils commenceront à se poser des questions sur la nature du processus en cours. Au matin du 29, ce sont 50% de la surface du plan d'eau qui seront recouverts de nénuphars… c’est alors qu’un sentiment d’urgence extrême, voire de panique, saisira les habitants devant l’inéluctable « dernière poussée » dans la nuit du 29 au 30 qui verra 100% leur belle étendue d’eau  recouverts de nénuphars.

 

Etre ou ne pas être…. un nénuphar ?

Dans mon activité de coach et de consultant, j'ai chaque jour l’occasion de mesurer (même si cela ne se fait pas sans heurts et difficultés), que la complexité croissante qui impacte les individus et les organisations suscite peu à peu la prise de conscience de l’interdépendance de chacun à l’égard de « l’autre » et du tout... Portés par une « révolution » digitale qui n’en finit pas d’influencer nos comportements de consommateurs (Expérience Client), de travailleurs (Expérience Collaborateur), d’électeurs (Démocratie Participative), ce sont les modèles coopératifs et agiles qui semblent les mieux adaptés à un                 « nouveau monde » qui tente d’émerger (De Vulpian, Dupoux Couturier, HappyMorphose). Ainsi, dans une société « en réseau », les entreprises sont plus que jamais des « organismes vivants » qui dépendent de l’énergie générée par les « cellules » que représentent leurs collaborateurs et de la capacité des « organes » que constituent les différents départements (Marketing, Commercial, Finances, RH…) à co-opérer au service de celui ou celle qui au final choisit ou non de « voter » pour telle ou telle marque.

Bon d’accord…admettons… si j’étais un nénuphar ?

 

 

Un peu comme pour le nombre de chance que l’on a de se faire mordre par une chauve-souris enragée, je reconnais que la question peut être déroutante (même si comme l'aurait dit Max Meynier : les routards sont sympa)… Cependant, à moins de se considérer comme une victime, c’est à dire une  personne  irresponsable et impuissante, la seule autre option possible est d’admettre que l’on a une part de responsabilité et donc un « pouvoir » à exercer, pour infléchir le cours des évènements tant sur le plan personnel, professionnel mais aussi à l’échelle plus globale d’une espèce humaine embarquée dans un destin commun.

A l’heure de société numérique et de la toute puissance de réseaux (soi-disant) sociaux, le temps d’attention selon Google de la génération des Millenials serait de 9 secondes ; c’est 8 secondes pour un animal ! Ainsi, nos cerveaux sont   "hackés"  par tous ceux (et ils sont de plus en plus nombreux) qui ont un intérêt à nous emmener et nous maintenir dans les trois caractéristiques de l’addiction que dans son ouvrage aussi clair qu'édifiant La civilisation du poisson rougeBruno Patino définit par la tolérance, la compulsion et l’assuétude.

La diffusion de fausses informations et la contagion émotionnelle que permettent des outils et des pratiques (collecte de data) qui n’en sont semble-t-il qu’à leurs balbutiements favorisent ainsi les effets amplificateurs sur les comportements individuels et collectifs. Dans une perspective systémique, cela se traduit de façon générale soit par une croissance accélérée, soit par un effondrement accéléré…Dans la vie courante, on parle d’effet boule de neige ou de cercle vicieux.

 

Les 8 comportements vertueux du « Nénuphar Positif » au service de l’Organisation Positive et du Bien Commun

 

Credit: Wang Qingqin/Xinhua/Alamy Live News

En général, la métaphore des nénuphars est plus souvent associée à une lecture plutôt négative liée à notre incapacité à concevoir et anticiper les changements dramatiques (c'est encore ce qui se vend le mieux) qui semblent irrémédiablement appelés à frapper nos mode de vie, voire même remettre en question la survie de l'espèce sur la planète. Pour être franc, c'est justement ce biais de négativité qui en première lecture fut le mien... Puis, décidant de mettre activement en pratique les outils de la Psychologie Positive au Travail, j'ai "choisi" de nourrir davantage d'auto-prophéties réalisatrices en mode positif et de me focaliser sur ce qui favorise la prolifération d'initiatives et de projets porteurs d'énergie positive et constructive.

Ainsi pour reprendre la métaphore, chacun de nous est un nénuphar qui, selon la polarité choisie, peut contribuer à amplifier la tendance au pire ou au meilleur dans son écosystème professionnel qui représente une grande partie de nos vie.

Voici donc les 8 commandements du Nénuphar Positif pour contaminer son organisation de façon positive :

 

1. Pratiquer l’auto compassion

A la différence de la confiance en soi basée sur le sentiment de se sentir bien dans les aspects qui nous sembles positifs de nous-mêmes, l’auto compassion nous incite à nous montrer plus compréhensifs à l’égard de ce que nous aimons moins chez nous. En outre, selon la psychologue Kristin Neff, l’auto compassion présente moins d’effets secondaires (narcissisme, tendance à rabaisser les autres...) car elle se concentre davantage sur ce qui nous relie aux autres.

 

2. Réguler ses émotions négatives

Les émotions désagréables font partie de la vie et s’invitent bien sûr dans notre activité professionnelle. Ponctuelles, elles doivent attirer notre attention sur ce qui les génèrent ; récurrentes, elles nous invitent à examiner nos croyances, changer nos modes de perception et modifier nos comportements.

 

3. Exprimer la gratitude

Selon la psychologue positive Rebecca Shankland, en améliorant le bien être et la qualité des relations, la gratitude génère un lien social constructif et favorise les comportements altruistes et la coopération. Au travail comme dans la vie en général, c’est fou comme un « petit Merci » peut faire une grande différence !

 

4. Développer l’empathie

Plus l’environnement devient digital, plus l‘empathie est précieuse dans les échanges. L’empathie présente deux dimensions : émotionnelle en ce qu’elle nous permet de saisir les émotions et leur intensité chez autrui, ; cognitive en ce qu’elle nous aide à nous mettre consciemment dans la peau de l’autre pour comprendre « comment » il pense et il ressent.

 

5. Adopter la bienveillance

Dans son ouvrage Le Management Bienveillant, Philippe Rodet nous explique en quoi celui-ci est le plus adapté au contexte actuel de recomposition profonde du monde du travail et comment la bienveillance favorise la sécrétion d'ocytocine et d'endorphines qui contribuent à diminuer le stress, renforcer la cohésion, la créativité, le plaisir et la motivation. Son expérience My Serenity à Val Thorens est une très belle illustration de ce qu'une sensibilisation et une formation des managers et des collaborateurs à la bienveillance peut avoir comme impact à leur niveau mais plus largement à celui de tous les visiteurs de la station.

6. Rester fidèle à ses valeurs

Le coaching est souvent l’occasion pour une personne de réfléchir au sens qu’elle donne à son travail et donc de son adéquation avec les valeurs qui lui sont chères…Etre « en accord avec ses valeurs » favorise l’engagement dans son activité professionnelle quand l’inverse suscite le mauvais stress et la dissonance psychologique à l’origine de bon nombre de difficultés et d’insatisfaction au travail.

 

7. Cultiver…et partager l’optimisme

Un optimiste a tendance à anticiper des résultats favorables là où par rapport à ce même futur, un pessimiste aura des attentes négatives. Ce que nous apprend la Psychologie Positive, c'est que l'on peut "apprendre l'optimisme" et que cela a des vertus tant sur le plan de la santé mentale et physique que sur la sociabilité, l'adaptabilité et la capacité à agir.

 

8. Rire... le plus souvent possible

Si le rire est le propre de l'homme, alors vu le temps que l'on passe à travailler autant en profiter...d'autant que ses impacts positifs sur la santé, la créativité, la performance et l'engagement au travail sont largement démontrés aujourd'hui....Qui n'a pas connu le plaisir insondable d'une crise de fou rire inextinguible dans une "réunion stratégique" où l'on se prend pour des ingénieurs de la NASA au moment d'envoyer un homme marcher sur la lune ?

Comme nous le rappelle André Comte Sponville, l'humour est un bon antidote face à la mégalomanie et au narcissisme qui vont souvent de pair avec le pouvoir..."Manquer d'humour, c'est manquer d'humilité, c'est manquer de lucidité, c'est manquer de légèreté, c'est être trop plein de soi, trop dupe de soi, c'est être trop sévère ou trop agressif, c'est manquer par là, presque toujours, de douceur, de clémence et de générosité."

 

Alors vous ? Etes-vous prêt à rejoindre la noble et juste cause du MDNP (Mouvement Des Nénuphars Positifs) ? Soyez au TOP en contribuant activement à la Transformation Organisationnelle Positive !

Merci pour vos commentaires et si cela fait du sens... faites passer le message...


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