Où vais-je ? Qui suis-je ? Et dans quel « été » j’erre ?


En « été », c’est souvent le bon moment pour se retourner sur ce qui (s') est « passé », profiter du « présent » et envisager plus calmement ce qui sera...En effet, après celles de Janvier, la rentrée est souvent l’occasion de formuler les nouvelles « grandes résolutions » pour  survivre jusqu'à la fin de l'année :)…

Aussi, je ne sais pas pour vous mais pour ma part, j’ai l’impression qu’il est temps que "je" me fasse des vacances, autrement dit que « je » me donne congé... Oui parce que pendant près de 30 ans, c’était mon employeur qui me donnait « l’autorisation en tant qu’employé de cesser temporairement mon travail ». Aujourd’hui, en tant que Directeur Général et employé de moi-même, quelle sensation de toute puissance que de pouvoir s’accorder à l’unanimité, un temps pour ne rien faire… A bien y réfléchir, c’est d’ailleurs étrange qu’être en vacances soit associé au droit de ne rien faire, comme si le fait de ne pas travailler revenait à ne rien faire !

Pour reprendre une image du grand poète Mike Tyson, il est frappant de constater que bon nombre d’entre nous sont au bord du KO lorsqu’ils arrivent au bout des 7 ou 8 premiers rounds de leur année sur le plan professionnel…

Alors juste avant de partir en exil sur mon île pour retrouver l'état de Candide et « cultiver mon jardin », j’ai décidé  d’anticiper le départ en lançant une bouteille à la mer...  C'est donc en passant du coq à l’âne (ce qui à tout bien considérer est plus facile à dire qu’à faire), que je vous propose de partager quelques sujets de réflexion à envisager en station allongée (matelas pneumatiques, hamac, sable chaud…), en mouvements plus ou moins rapides (marche, vélo, surf, voile…), voire encore en soirées oniriques (fussent-elles Spritz-tiques, Gin-toniques, voire Vod-kalniques !)

 

Pensée en préparant la « balise »… (mot de ma fille lorsqu’elle avait 6 ans)

 

 

 Il est très difficile de savoir que faire quand on a pas le temps pour penser. 

W.R Bion

 

 

Fiction… ou songe d’une (première) nuit d’été...

 

Une réunion préparatoire de consultants en stratégie de haute volée George Mackin Sait et Bernard Convenant (le frère de Jean Claude) Gibson pour préparer la rentrée ….

Bien sûr toute ressemblance avec 

-Je pense qu’il faut leur proposer une grande vision stratégique disruptive qui implique une profonde réorganisation…on pourrait peut-être leur proposer de revendre leur BU la plus profitable pour remettre l’organisation en saine tension…

- Non mais attends… on a déjà vendu pour 2 Millions de $ le 4èmelot du 7èmeplan de transformation « En Avant toute » que l’on commence tout juste à déployer dans les 45 marques des 72 filiales représentées dans 166 pays… Et on a quand même moblisé 255 Juniors sur le coup qui travaillent 7/7 pendant les 18 prochains mois à 163,75 € TTC/jour

-Oui mais là tu vois, tous les KPI’s sont au rouge, tout le monde est paumé (même nous d’ailleurs, il faut bien le reconnaître) et il faut peut-être passer au plan T  « En Arrière, Marche ! »

-Non mais là c’est vraiment un coup à les rendre fous et à ce qu’ils soient totalement désorganisés…

-Bah oui Bernard, et c’est justement pour cela qu’ils ont besoin de nous et qu’il faut les aider à se « ré-organiser » !

-Bon ok tu as raison mais par contre, il faut vraiment qu’on revienne voir le Comex avec du lourd pour pas se faire griller par Konrad Pratchuk & Marvin Gaye

-Cà y est j’ai une idée : vu qu’ils étaient « à l’ouest » et qu’avec nous ils ont « perdus le Nord », on va leur proposer de racheter le leader du marché des boussoles digitales waterproof

-Ah ouais çà c’est bien disruptif, surtout pour une boîte spécialiste des presse-citrons et des carottes à piles...   

Réalité...mais finalement Business et raison font-ils bon ménage ?

70% des projets d’accompagnement du changement échouent !

(Beer & Noria, 2000)

70% des projets stratégiques de transformation échouent !

(Miller, 2002)

70% des projets de fusions/acquisitions échouent !

(McLechie and West, McKinsey and Company, 2010)

70% des projets de Management par la Qualité Totale échouent !

(Economist,1992)

....et curieusement 70 % des salaries se déclarent “désengagés” !!!

(Gallup Business Journal, 2013)

Qui  a dit d'ailleurs  que l'insanité c'était de continuer à toujours faire la même chose en espérant obtenir un résultat différent? Cela ne peut qu'être la marque d' un poète ou en tous cas de quelqu'un de simple d'esprit 🙂

 

...Du choix d’un « parti-pris appréciatif »... ou le pouvoir créatif du « ET »...

 

Noir ET Blanc

 

Le terme positif renvoie systématiquement à son opposé négatif nourrissant ainsi la tendance naturelle que nous avons tous à nous enfermer dans un système de pensée binaire, qui a son tour favorise la posture simpliste du « pour  OU contre »…comme si par réaction à la complexité, l’incertitude et la volatilité du monde  dans lequel nous évoluons, nous pouvions nous rassurer avec les bons vieux schémas de pensée clivées d’un monde passé où ils suffirait de choisir le camp des cowboys (les bons) OU celui des indiens (les mauvais).

"Être appréciatif" repose sur une double intention et un double mouvement consistant à apprécier, c’est à dire à la fois à « reconnaître ce qui est » ET dans le même temps à lui « donner de la valeur »…

En tant que coach et consultant, je ne me lasse pas d’observer la profonde révélation et véritable épiphanie que provoque la résonance du « ET » pour une personne ou un collectif enfermés jusqu’à lors dans un schéma de questionnement consistant à se demander quels bénéfices différents il y aurait à choisir entre la peste OU le choléra. « Apprécier », c’est nuancer, multiplier les angles, s’ouvrir à de nouvelles idées et sensations, comprendre ET accepter qu’il puisse y avoir au même endroit ET au même moment plusieurs interprétations possibles ET donc plusieurs choix possibles pour influer sur le cours des choses…

 

Pour aller plus loin…

 

 

...De sa conséquence de devenir le Leader de soi-même...

 

Fly Jonathan, fly...

 

L’une des découvertes les plus surprenantes, voire pour certains inacceptables, que nous révèle la recherche en Psychologie Positive repose sur l’idée que si 50% de ce que nous sommes sont le résultat de nos gênes (et encore beaucoup moins selon l’épigénétique), 10% des facteurs correspondent à l’environnement (milieu social, culture, éducation initiale…) ; 40% de ce que nous sommes dépendent de nous ! C’est à dire que nous sommes responsables et donc libres d’agir ou non pour nous épanouir au mieux de notre potentiel et accéder à une vie meilleure. Accepter d’endosser la responsabilité de ce que l’on devient revient à accepter dans le même temps d’en payer le prix : apprendre sans cesse ET renoncer à « savoir » une fois pour toute, cultiver l’indépendance d’esprit ET intégrer l’interdépendance comme la trame de nos existences, apprécier les petites choses du quotidien ET donner du sens à son existence...

 

 

Pour aller plus loin

  • Découvrir ou relire les existentialistes et entre autres Sartres pour lequel « L’homme n’est rien d’autre que son projet, il n’existe que dans la mesure où il se réalise, il n’est donc rien d’autre que l’ensemble de ses actes, rien d’autre que sa vie. »
  • Voir ou revoir Invictus
  • Monter le son et écouter une fille qui n'a besoin de personne
  • Ressentir et éprouver les bienfaits de l'auto compassion

 

 

...Du bonheur comme fin au bonheur comme moyen...

 

Le bonheur sans attendre... 

 

Dans son ouvrage The Happiness Advantage (2018), le psychologue à Harvard Shawn Achor s’appuie sur ses travaux de recherche , son travail de consultant avec de nombreuses organisations (American Express,UBS, Crédit Suisse, KPMG…) et les découvertes récentes en matière de neurosciences pour  remettre en question sûrement l’une des croyances les plus répandues et les mieux ancrées dans nos cerveaux d'humains : la réussite, et par extension le bonheur  dans notre vie n’est qu’une « conséquence » !

Ainsi, sa pensée peut se traduire par : "Si je réussi : mon examen, mes études, mon entretien d’embauche, à faire mon chiffre, à gagner plus, à obtenir cette promotion, à acheter une maison, à perdre 3 kilos, mon mariage… ALORS  je serai heureux (se) !" 

Les nouvelles recherches en psychologie et neurosciences nous disent que dans la réalité, cela marche dans le sens inverse ! Dans les faits, on réussit mieux (et on est donc plus épanouis) lorsque l’on est plus heureux et plus positif ! Mais finalement à bien y réfléchir quelle surprise car qui n’a pas eu ces moments où tout semble nous réussir et que l’on en vient presque  ( attention d’ailleurs car pour certain cela peut devenir pathologique ), à éprouver ce sentiment de toute puissance qui nous convainc que l’on a effectivement le pouvoir de "créer" le résultat escompté.

Ainsi, des expériences menées avec des médecins par exemple, chez lesquels on suscite un état d’esprit et une humeur positive avant d’opérer un diagnostic, sont trois fois plus créatifs que  d’autres dans un état neutre et dispensent des diagnostics plus justes et plus rapides de 19%. De la même façon des commerciaux optimistes surpassent leurs collègues pessimistes de 56%. Des étudiants qui déclarent être « bien dans leur peau » avant un test de maths surperforment par rapport à leurs pairs dans un état d’esprit neutres. La conclusion de ses multiples expériences est que notre cerveau est câblé pour mieux fonctionner lorsque nous sommes au top de notre forme (physique, psychique et émotionnelle) et non pas lorsque nous sommes négatifs, voire neutres. Dans ce nouveau paradigme, la priorité consiste donc à identifier et cultiver nos forces, se concentrer sur ce qui nous donne de l’énergie, nous procure de la joie, nourrit notre besoin de sens…bref sur ce qui nous rend heureux partant du principe que plus nous faisons l’expérience de ses états émotionnels positifs, plus nous nous donnons des chances de réussir dans nos projets personnels et professionnels.

 

 

Pour aller plus loin

 

 

...De la dépression rampante à l'optimisme raisonné...

 

Toujours besoin d'un bon avocat 🙂

 

 

Là où croit le péril, croît aussi ce qui le sauve. (Hölderlin)

 

Dans mon billet précédent, j'évoquais la contagion des nénuphars positifs pour faire face à la pulsion morbide et au catastrophisme qu'entretiennent savamment tous ceux  (et ils sont nombreux) qui ont un intérêt à diviser, séparer, attiser, en somme à manipuler pour satisfaire leur besoin insatiable de pouvoir. Alors il ne s'agit pas bien sûr de faire l'autruche devant les défis majeurs qui s'offrent à nous mais d'apprendre à discerner ce (ux) qui nous fragilise(nt) et de ce(ux) qui nous renforce(nt) en cultivant des émotions et des sentiments positifs tels que l'optimisme, la joie, l'espérance, la confiance dans notre capacité à "trouver les solutions"...

Aussi, si tout le monde s'accorde aujourd'hui sur l'importance d'être attentif  à sa santé physique, il devient plus que jamais vital de cultiver une santé mentale positive. Celle-ci   permettrait à quelqu'un de "s'adapter aux diverses situations de la vie, faites de frustrations et de joies, de moments difficiles à traverser et de problèmes à résoudre" (Jourard & Landsman, 1980) . Selon ces deux chercheurs, une personne en bonne santé mentale est quelqu'un qui se sent suffisamment en confiance pour s'adapter à une situation à laquelle elle ne peut rien changer ou travailler à la modifier si possible en apprenant à développer les capacités suivantes:

- regard positif sur soi-même
- aptitude à prendre soin des autres et de l'environnement naturel
- ouverture aux idées nouvelles et aux autres individus
- créativité
- aptitude à produire un travail constructif
- aptitude à aimer

 

 

Pour aller plus loin:

 

Et vous ? Déjà partis ? Déjà revenus ? Sur le départ ? Merci pour vos commentaires et si cela a retenu votre attention, faîtes passer 🙂 et rappelez-vous :

 

On commence à vieillir quand on finit d’apprendre (proverbe japonais)

 

 

PS : je ne voudrais pas partir en vacances sans remercier toutes celles et ceux qui m'ont donné la chance de travailler pour eux et d'y trouver du sens...C'est aussi ce sentiment qui  m'anime en préparant ma "balise", celui de partir avec la satisfaction du "vouloir" accompli...Se voit en Septembre 🙂

 

 

 

 


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Riera-Dabo FrançoiseEric MelletconstantAlain Mignonneau Auteurs de commentaires récents
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Alain Mignonneau
Alain Mignonneau

Encore une fois un tres bon sujet qui me.l donne de.l energie ET du desir de regarder la vie avec un Grand sourire ET d apprecier tous les jours d avoir la chance d etre ET d apprendre sans cesse car rien n est jamais definitif ET c est la la Bonne nouvelle. Ainsi,sous Les conseils de ma compagne, je me reveille desormais tous les matins en me regardant pendant 5 minutes devant le mirroir tout en me prodiguant de larges sourires ET je peux vous assurer que cela fait une grande difference pour le reste de la journee. Alors… Lire la suite »

constant
constant

Bonjour Eric, c’est toujours un PLAISIR de vous lire tellement ce que vous dîtes nous interpelle ! Sécrétion de dopamine à fond ! … Apprendre à réapprendre…Apprendre tous les jours, de lecture, d’expérience, d’échanges m’a permis de transformer ma vie professionnelle et personnelle…De leur donner un sens plus vrai, plus proche de mes valeurs.
Merci pour votre intervention à Dauphine…. Révélateur, accélérateur, de Vie…
Merci pour vos articles tellement inspirants.

Riera-Dabo Françoise
Riera-Dabo Françoise

Hello Eric, merci pour ce post truffé de surprises très « forrest gumpien » (la vie c’est comme une boite de chocolats, on ne sait jamais ce qu’on va y trouver 😉 Sachant que l’étonnement est le premier pas du questionnement philosophique et que continuer d’apprendre est le meilleur moyen de rester « forever young » (comme le chantait Bob D.), merci d’oeuvrer à notre stimulation neuronale estivale !!! Rendez vous à la rentrée !